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Mort d'Elisa Pilarski: "Christophe Ellul reste une victime car il a perdu sa compagne et son enfant", selon son avocat sur RMC

Le compagnon d'Elisa Pilarski, morte de morsures canines  dans une forêt de l'Aisne fin 2019 où elle promenait Curtis, le chien de ce dernier, a été mis en examen pour "homicide involontaire", a annoncé le parquet de Soissons.

La fin de l'enquête ou un nouveau rebondissement? Il avait clamé l'"innocence" de son chien Curtis après la mort de sa compagne Elisa Pilarski, des suites de morsures canines dans une forêt de l'Aisne fin 2019: Christophe Ellul a été mis en examen jeudi pour "homicide involontaire". 

Christophe Ellul a été mis en examen "pour avoir par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité (...) involontairement causé la mort" de sa compagne, "résultant de l'agression commise par plusieurs chiens dont il était propriétaire ou gardien", a annoncé dans un communiqué le procureur de la République de Soissons, Julien Morino-Ros. En clair, son chien, Curtis, a été rendu agressif par le dressage de Christophe Ellul, selon les experts. Il a été laissé libre sous contrôle judiciaire avec l'interdiction d'entrer en contact avec les membres de la famille d'Elisa Pilarski, constituée partie civile. Il s'agit de la première mise en examen dans ce dossier très médiatisé. 

"L'instruction va maintenant se poursuivre, étant précisé que des recours sont actuellement en cours devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Amiens, s'agissant de demandes d'actes formulées notamment par la famille de Mme Elisa Pilarski", poursuit le magistrat. Il rappelle que "c'est à l'issue de l'information judiciaire qu'il sera décidé des suites qu'il conviendra de donner à cette affaire et de saisir ou non le tribunal correctionnel aux fins de jugement".

"Victime dans ce dossier"

Les soupçons se tournent donc vers Christophe Ellul. Mais "il demeure une victime” tempère son avocat maître Novion sur RMC. Selon lui, "Il reste une victime car il a perdu sa compagne et son enfant de six mois". 

Eric Nouvion se dit par ailleurs peu surpris par cette mise en examen. Il prépare déjà la suite. 

"Aux yeux de la justice, il est mis en examen mais il est surtout innocent (...) On était tout a fait préparés à la mise en examen, il l'était déjà en quelque sorte avec les médias notamment. Les choses ont basculé avec l'avis des experts. Mon client est tout à fait confiant en la justice, il reste toujours tout à fait combatif. Le statut officialise les droits de la défense." 

"Mise en examen ne signifie pas culpabilité” contre-attaque l’avocat sur RMC, qui a demandé des contre-expertises et espère encore que celle-ci innocente Curtis. 

"L'indice principal de la mise en examen c'est le rapport d'expert et l'entraînement au mordant. Il y a des raccourcis, des liens qui sont faits. Actuellement on discute, l'enquête avance. Mon client attend avec sérénité et il répondra sans aucun problème à la justice".

Du côté de la famille d’Elisa on est “très affectés” explique maître Terquem, leur conseil. “On est loin de ce qu’avait dit Christophe Ellul au démarrage”, au début de l’affaire les parents et la famille de la jeune femme l’ont soutenu, “ils l’ont même hébergé”, rappelle l’avocat. "Ils se rendent compte à qui ils ont vraiment eu affaire" confie-t-il à RMC.

Le "dressage au mordant" en question

Elisa Pilarski, âgée de 29 ans et enceinte, avait été retrouvée morte par son compagnon dans une forêt de l'Aisne, à Saint-Pierre d'Aigle le 16 novembre 2019, où elle promenait Curtis, à proximité d'une chasse à courre, après "une hémorragie consécutive à plusieurs morsures", selon l'autopsie. Une longue bataille, abondamment relayée sur les réseaux sociaux, s'en était suivie autour des responsabilités présumées de la meute de la chasse à courre, incriminée par Christophe Ellul. 

Mais le ministère public avait désigné Curtis en novembre sur la foi des analyses ADN et examens des morsures menées. Ces éléments "tendent à démontrer l'implication exclusive du chien Curtis dans les morsures ayant entraîné la mort" de la jeune femme, avait indiqué le procureur chargé par intérim du dossier, Eric Boussuge. "Aucune trace d'ADN provenant des 33 chiens de meute prélevés n'a été retrouvée" alors que "l'ADN de la victime est présente à partir de traces de sang prélevées en différents points de la gueule et de la tête du chien Curtis", avait précisé M. Boussuge.

Selon le parquet, l'animal avait "fait l'objet d'un dressage au mordant, forme d'apprentissage interdite en France et pouvant relever d'actes de maltraitance animale", et "de nature à abolir toute capacité de contrôle ou de discernement" chez l'animal. Une version fermement contestée par M. Ellul qui a toujours clamé l'innocence de son chien, désigné par l'accusation comme un "American Pitbull Terrier, provenant d'un élevage des Pays-Bas et introduit illégalement en France par son acquéreur".

"Curtis est innocent. Il n'aurait jamais tué Elisa", avait assuré en novembre Christophe Ellul lors d'une conférence de presse à Bordeaux, désignant à nouveau comme responsable l'équipage de chasse. Il avait demandé une contre-expertise dans ce dossier, une requête rejetée en janvier par le juge d'instruction, décision contre laquelle il a fait appel. 

Maxime Brandstaetter avec Xavier Allain