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Elisa Pilarski tuée par le chien Curtis: "On craignait de ne jamais connaître la vérité"

Elisa Pilarski a bien été tuée par Curtis, le chien de son compagnon lors d'une ballade en forêt il y a un an. La piste d'une bagarre avec des chiens de meute a donc été définitivement écartée.

Les enquêteurs ne parlent plus au conditionnel, Elisa Pilarski cette jeune femme de 29 ans, enceinte de 6 mois, retrouvée morte dans une forêt de l'Aisne a bien été tuée par le chien de son compagnon.

Le mystère demeurait depuis un an maintenant. Pendant de nombreuses semaines, ce sont des chiens d'une chasse à courre qui avait été montré du doigt. Finalement il n'en est rien, c'est bien Curtis qui a mordu à mort Elisa Pilarski, selon le procureur chargé du dossier.

Pour Didier Bazin le maire du village où vivait Elisa Pilarski cette expertise est un soulagement après des mois d’interrogations : "On craignait qu'il n'y ait jamais de vérité sur cette affaire. Le fait qu'on ait repéré uniquement l'ADN du chien, je pense que c'est bien que l'on sache le fin mot de l'affaire même si ça n'enlève pas la douleur des familles", juge-t-il au micro de RMC.

"Les résultats ADN ne font pas de doute"

Selon le parquet de Soissons l’expertise démontre que seul le chien Curtis est impliqué dans la mort de sa propriétaire et cela ne fait aucun doute estime maitre Cathy Richard l’avocate de la famille Pilarski : "Les résultats ADN ne font pas de doute et ne permettent pas de discussion. Il n'y a qu'un ADN sur son corps et dans son sang. Il est vrai qu'il y un ADN d'un chien inconnu sur son écharpe, mais il faut savoir qu'Elisa arrivait de chez elle où elle vivait avec son oncle et le chien de son oncle".

Car ce sont d'abord les traces ADN qui ont parlé. Celles de Curtis ont été retrouvées à différents endroits du corps d'Elisa Pilarski. Notamment sur des plaies au niveau du cuir chevelu, également sous l'un de ses ongles, et puis sur ses vêtements. À l'inverse aucune trace ADN des 33 chiens de chasses un temps incriminés, n'a identifié.

Il y a ensuite les analyses effectuées sur le chien. Là l'ADN d'Elisa Pilarski ressort effectivement au niveau des babines de Curtis ainsi que près de son œil droit. Des analyses qui viennent s'ajouter à celles des morsures sur le corps de la victime, des morsures qui correspondent à la morphologie de Curtis.

Le compagnon d'Elisa Pilarski veut une contre-expertise

Longuement expertisé, le comportement du chien posait question. Il s'avère qu'il a été entraîné à mordre. C'est interdit en France, et les experts vont même plus loin. Après différentes expériences, rien ne pouvait arrêter Curtis lorsqu'il était en action. Ni la voix, ni la nourriture, ni un autre chien n'ont pu le faire lâcher ce qu'il mordait. Il ne s'arrêtait qu'une fois sa proie détruite.

D'après l’avocat de Christophe Elull le compagnon d’Elisa Pilarski l’expertise d’ADN ne permet pas d’affirmer que le chien est responsable. Il va solliciter prochainement une contre-expertise.

Thomas Chupin et Jean-Baptiste Bourgeon (avec Guillaume Dussourt)