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François Fillon et son épouse fixés lundi dans l’affaire des soupçons d’emplois fictifs

La Cour d’appel de Paris doit se prononcer lundi sur le sort de François Fillon et de son épouse dans l'affaire des soupçons d'emplois fictifs qui avait été révélée avant l'élection présidentielle de 2017. Cinq ans de prison dont un an ferme sous bracelet électronique ont été requis contre l’ancien Premier ministre.

La justice doit rendre ce lundi à 13h30 son jugement en appel pour François et Pénélope Fillon, les époux soupçonnés d'emplois fictifs. La cour d'appel de Paris va se prononcer sur l'emploi d'assistante parlementaire de Pénélope Fillon entre 1998 et 2013.

Des activités "impalpables" voire "évanescentes"

Pour l'accusation, un "faisceau d'indices" permet d'établir la "fictivité" de son emploi comme assistante parlementaire auprès de son mari et de son suppléant entre 1998 et 2013, rémunérés au total 612.000 euros net. Pour l'accusation, l'embauche de Mme Fillon comme "conseillère littéraire" en 2012-2013 au sein de la Revue des deux mondes (RDDM) était un "emploi de pure complaisance" concédé par Marc Ladreit de Lacharrière, propriétaire de la publication et proche de François Fillon.

Les avocats généraux ont eux ironisé sur des activités "impalpables" voire "évanescentes" et ont requis cinq ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique ainsi que 375.000 euros d'amende pour François Fillon, et deux ans avec sursis pour son épouse.

"Un travail immatériel mais bien réel", selon le couple

Mais le couple se défend. Selon leurs avocats, Pénélope Fillon réalisait un travail, certes immatériel mais bien réel, comme du traitement de courriers par exemple.

C'est la deuxième fois que la justice va se prononcer. Les époux avaient déjà été condamnés en première instance en 2020 pour cette affaire qui avait plombé la campagne présidentielle de François Fillon en 2017, le conduisant à se retirer de la vie politique.

En première instance, le 29 juin 2020, le locataire de Matignon de 2007 à 2012 avait été condamné à cinq ans d'emprisonnement dont deux ans ferme, 375.000 euros d'amende et dix ans d'inéligibilité, pour détournement de fonds publics, complicité et recel d'abus de biens sociaux. Sa femme s'était vu infliger trois ans d'emprisonnement avec sursis, 375.000 euros d'amende et deux ans d'inéligibilité.

Je n'ai pas été un député fictif préoccupé essentiellement par l'argent.

Le couple avait immédiatement fait appel et est revenu à la barre en novembre, maintenant la même défense dans une atmosphère bien moins électrique qu'au premier procès. "Je n'ai pas été un député fictif préoccupé essentiellement par l'argent", s'est insurgé François Fillon dans une déclaration liminaire, déplorant "40 ans d'engagement (politique) effacés par un article d'un journal satirique et une enquête à charge". "Mon épouse a travaillé à mes côtés, c'est incontestable", a-t-il assuré.

Les deux prévenus ont déjà annoncé qu'ils ne seraient pas présents.

Cyprien Pezeril avec AFP