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Gérald Darmanin veut "généraliser" l'expulsion des familles de délinquants de leur logement social

Le ministre de l'Intérieur a appelé jeudi à généraliser les expulsions des familles de délinquants de leur logement social. Une mesure déjà en place dans plusieurs villes de France comme à Nice.

Gérald Darmanin veut généraliser les expulsions des familles de délinquants des HLM : "Il faut généraliser les expulsions des familles à problèmes", a assuré sur C8 jeudi le ministre de l’Intérieur. "Je ne fais pas l’amalgame avec la dame qui élève seule ses 3 gamins, et pour qui c’est dur d’avoir un ado turbulent. Là on doit l’aider, on ne doit pas lui rajouter des problèmes".

"Mais il y a des familles qui vivent des problèmes, dont on sait que l’ensemble de la famille vit de vol, de trafic de drogue et met le bordel dans le quartier. On ne peut pas continuer à donner un logement social à ces gens-là", a-t-il poursuivi.

Des précédents

Et si la loi l’autorise déjà, le ministre de l’Intérieur a assuré avoir demandé au préfet de la République de systématiser les expulsions.

Des villes n’ont d’ailleurs pas attendu Gérald Darmanin pour généraliser ces expulsions. C’est le cas à Nice (Alpes-Maritimes) où la municipalité, le bailleur social Côte d’Azur Habitat, le préfet des Alpes-Maritimes et le procureur de la République ont signé une convention à ce sujet.

Le procureur de la République informe le bailleur si un habitant est condamné pénalement. Le bailleur peut alors enclencher la procédure pouvant mener à la résiliation du bail puis si besoin, à l’expulsion. En septembre dernier, une mère de famille et son fils de 19 ans ont ainsi été expulsés d'un quartier de la ville. Outre des dégradations répétées dans l’immeuble, le jeune avait été condamné à 20 mois de prison pour trafic de stupéfiants. D’autres précédents ont déjà eu lieu à Amiens (Oise), à Pontoise (Val-d'Oise) après un rodéo, ou à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

"La punition collective, tout le monde sait que ça ne sert à rien"

"La punition collective, tout le monde sait que ça ne sert à rien", estime Pierre-Edouard Magnan, délégué fédéral du mouvement national des chômeurs et précaires, ce vendredi sur le plateau d’Estelle Midi. "Un délinquant doit être poursuivi mais on ne peut pas demander aux familles de porter le poids de la responsabilité des crimes ou délits d’autres membres de la famille", ajoute-t-il sur RMC et RMC Story.

"Le principe d’isoler des gens qui pourrissent la vie des autres est totalement légitime", juge de son côté le chroniqueur Périco Legasse. "Mais je ne vais pas transférer ma merde à quelqu’un d’autre, il faut résoudre ce problème", appelle-t-il.

"Un message de fermeté"

Car les familles ne sont pas toujours relogées dans un logement social, explique à RMC Anthony Borré, le premier adjoint à la mairie de Nice, chargé du logement et de la sécurité. "J’ai tenu à marquer un message de fermeté à l’égard de tous ceux qui m’apparaissent ne pas mériter un logement social. Je suis dans une ville où l’on construit et j’ai pourtant 16.000 demandeurs en attente. En tant que président du principal bailleur social de la région, j’ai obtenu 20 expulsions".

Pour quel résultat ? Anthony Borré ne se prononce pas mais estime avoir envoyé un message de fermeté "très important" dans une vingtaine de situations "extrêmement graves", après plusieurs convocations et des "messages envoyés".

G.D.