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"J’ai cédé et je lui ai mis une vraie torgnole": des conjoints violents participent à des stages de sensibilisation pour éviter la récidive

Ces stages payants sont une alternative à une condamnation lors d'une première infraction. L'objectif est d'accompagner pour éviter la récidive.

Alors que se termine ce lundi le grenelle contre les violences conjugales lancé début septembre, le Premier ministre, Edouard Philippe, devrait annoncer une cinquantaine de mesures deux jours après une marche historique, où 49.000 personnes ont défilé à Paris pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Il existe déjà des stages de sensibilisation pour les conjoints violents. Ces stages, payants à hauteur de 150 euros, sont une alternative à une condamnation dans le cadre d'une première infraction.

Ils sont 19 assis autour d'une table. Une femme et 18 hommes. Leur point commun, ils ont tous déjà lever la main sur leur compagne ou leur compagnon. 

"Mon ex-compagne me prenait la tête tous les jours. Jusqu’au jour au j’ai cédé et je lui ai mis une vraie torgnole. Je vais le regretter toute ma vie", indique l’un des hommes présents autour de la table.

Pendant 4 heures, ils parlent de leur vécu, réagissent à des vidéos. Objectif, créer une prise de conscience. Jean pense que ces discussions pourront l'aider.

"Si j’ai craqué à cet instant et que j’ai fait acte de violence, finalement, c’est peut-être humain d’en arriver là. Il faut juste aller un peu plus loin dans notre intelligence pour ne pas à cette violence-là. C’est là que j’ai besoin des clefs de ce genre de stage pour me dire non, je ne vais pas aller sur ce terrain-là", explique-t-il. 

Baisse du nombre de récidive en cas d'accompagnement

Pour l'intervenante socio-judiciaire de ce stage, il est certain que ces échanges auront des conséquences positives, immédiatement ou sur le long terme. "Parfois ça a pu faire écho dans leurs histoires. On se dit que si une personne est sensibilisée, elle peut en sensibiliser d’autres", affirme-t-elle.

Alain Legrand est président d'une fédération de suivi des auteurs de violence. Il souhaite désormais que ces stages deviennent de plus en plus nombreux et accessibles. "Il faut prévenir la récidive. On a des chiffres qui nous montre que dans la récidive, lorsqu’il y a un accompagnement, on passe de 50% de récidive à 20%. Il ne suffit pas de condamner, il faut accompagner", détaille Alain Legrand.

Ce matin, le gouvernement annoncera l'objectif de deux centres par région pour la prise en charge des auteurs de violence d'ici la fin quinquennat.

Mahauld Becker-Granier avec Guillaume Descours