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"J'ai pris perpétuité, lui a pris 10 ans", déplore Nadia, brûlée à l'acide par son ex-conjoint

L'ex-conjoint de Nadia a été condamnée à 10 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises du Rhône à dix ans de réclusion criminelle, pour avoir frappé et aspergé d'acide sulfurique son ex-conjointe en 2016.

Grégory, 37 ans, a été condamné dans la nuit de mercredi à jeudi par la cour d'assises du Rhône à dix ans de réclusion criminelle, pour avoir frappé et aspergé d'acide sulfurique son ex-conjointe en 2016. Plus tôt dans la soirée, une peine de 18 ans de réclusion criminelle avait été requise à l'encontre de cet homme de 37 ans, présentant selon l'avocate générale Dorine Breysse, "une vraie dangerosité".

Sur notre antenne, Nadia avait raconté son calvaire: une agression en août 2016 par son ex-conjoint. Après l'avoir frappé, l'agresseur lui a déversé de l'acide sur le visage et le corps la brûlant à 30%.

Face à ce verdict, Nadia oscille entre soulagement et frustration. "Je trouve que ce n'est pas cher donné. Ce n'est pas terrible. Je suis mutilée à vie et lui doit se reconstruire. Moi j'ai pris perpétuité, lui a pris 10 ans", a-t-elle confié ce jeudi matin à Jean-Jacques Bourdin sur RMC.

Elle est toutefois satisfaite que la justice ait reconnu son statut de victime face à un homme qu'elle considère comme un "manipulateur":

"C'était horrible. J'ai vu cette personne avec un air d'enfant malheureux. Je savais très bien qu'il allait mentir jusqu'au bout. Il n'a jamais assumé ses actes, les coups, les menaces verbales".

L'accusé était récidiviste

L'homme avait en effet nié avoir aspergé Nadia à l'acide. Il avait admis l'avoir frappée, mais soutenait que Nadia s'était elle-même versé de l'acide sur le corps. Une version mise à mal par les experts.

Lors des réquisitions, la magistrate avait rappelé que l'accusé était en état de récidive, ayant déjà été condamné pour violences conjugales en 2013. 

Nadia, âgée de 48 ans, a subi huit interventions chirurgicales et a perdu de l'acuité visuelle. Elle a assuré que pendant l'agression, il lui affirmait qu'ainsi elle ne "referait plus sa vie". 

Gwenaël Windrestin (avec P.B.)