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La police au bord de la crise de nerfs: "Si ça continue, ce sera les gilets bleus"

Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat de SGP police - FO, témoigne du ras-le-bol des policiers face à la violence. Ils réclament des moyens et menacent de descendre dans la rue.

Les policiers sont exaspérés. Après trois semaines de mouvement des "gilets jaunes", les forces de l'ordre sont très sollicités pour prévenir les débordements qui émaillent parfois certaines manifestations.

Les violences les plus marquées ont été observées aux abords des Champs-Elysées, où les compagnies de CRS ont été mises à mal par des casseurs les deux derniers samedis.

"On aura malheureusement un Acte 4, au moins avec les pilleurs et les casseurs"

Le gouvernement a tenté d'apaiser la colère des "gilets jaunes" en reculant sur trois mesures fiscales mardi. Mais cela ne devrait pas suffire à éviter des débordements samedi à Paris selon Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat de SGP police - FO.

"On aura malheureusement un Acte 4, au moins avec les pilleurs et les casseurs, inévitablement ils seront là. Il faut un dispositif différent de la semaine dernière. A priori, Christophe Castaner semble nous avoir écouté. On sera plus mobiles. Il faut interpeller immédiatement avec plus de contrôles en amont et plus d'officiers de police judiciaire."

"Les policiers en ont marre. Ce n'est pas la pseudo-prime annoncée par Macron qui va nous satisfaire"

Yves Lefebvre rappelle qu'aucune demande de manifestation n'a été déposée et qu'ainsi "on ne peut pas interdire quelque chose qui n’est pas demandé". Selon lui, passer à l’Etat d’urgence ne changerait rien. La chose la plus importante serait de mieux traiter les policiers qui ont au bord de la rupture.

"Les policiers en ont marre. Ce n'est pas la pseudo-prime annoncée par Macron qui va nous satisfaire. Il y a 25 millions d'heures supplémentaires à nous payer. On va rétablir l’ordre public mais après ça, si on n’a pas de réponse haute et forte, et là je m’adresse à Emmanuel Macron, ce sera à notre tour de descendre dans la rue. Et après les gilets jaunes, ce sera les gilets bleu marine de la Police nationale. On sera intraitables. J’ose espérer qu’ils m’entendent."
J.A. avec Bourdin direct