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La société Miss France devant les Prud'hommes: ce que demande l'association Osez le Féminisme

L’association féministe, Osez le Féminisme, a assigné la société Miss France et Endemol en justice. Elle réclame la création de contrats de travail et un salaire pour toutes les candidates à l’élection Miss France.

Un mois avant l’élection Miss France 2023, la société Miss France et la boîte de production Endemol sont de nouveau devant les Prud'hommes, assignées en justice par l'association Osez Le féminisme.

L’organisation militante avait déposé, à la mi-octobre, un recours devant le conseil des Prud'hommes, dénonçant une "parfaite violation du droit du travail" à l’encontre de femmes "exploitées, qui répètent et interprètent un spectacle sexiste, discriminant et lucratif", selon les mots du communiqué de presse de l’association.

L’association féministe demande un contrat de travail et un salaire pour toutes les candidates à l’élection Miss France estimant qu'il s'agit d'un minimum syndical.

Depuis le début de la procédure, la société Miss France a déjà lâché du lest. Trois jours de contrat pour les candidates qui accèdent au dernier round payé 84 euros par jour.

La fin d'une taille minimum ?

Mais l'association demande un contrat de travail sous le statut de meneuse de revue d'émission dès les premières étapes de sélection, en région.

“Nous ce qu’on se qu’on demande, c’est que soit reconnu le processus de recrutement depuis le départ. Car en réalité, pour avoir ce poste, il n’y a d’autres solutions que de candidater via les échelons locaux. Pour le spectacle national, il y a plusieurs semaines de répétitions quand même ce n’est pas juste deux ou trois jours. Donc c’est assez ambivalent, ils reconnaissent un travail sur trois jours, mais en même temps, ils nous disent que ce n’est pas du travail, qu’il n’y a pas de recrutement. Donc on est dans une réflexion complètement schizophrène, je dirais”, indique maître Violaine de Filippis-Abate.

La société Miss France a fait évoluer les conditions d'accès au concours cette année. Les femmes mariées et les mères peuvent désormais candidater. Là encore, Osez le féminisme veut aller plus loin et demande la suppression de tous les critères discriminants : y compris la taille. Les aspirantes au titre doivent aujourd'hui mesurer au moins 1.70 m.

Marion Dubreuil avec Guillaume Descours