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Le procès de Jean-Marc Morandini pour corruption de mineurs débute lundi

L'animateur Jean-Marc Morandini sera jugé à partir de ce lundi pour corruption de mineurs devant le tribunal correctionnel. Avec l'audience comme assurance-vie, le journaliste est malgré les scandales et les casseroles, insubmersible. Son portrait par Nicolas Poincaré.

Plus de six ans après la révélation des faits, Jean-Marc Morandini sera jugé pour corruption de mineurs devant le tribunal correctionnel. En juillet 2016, les Inrocks publient une enquête sur les castings malsains qui entouraient le tournage de sa websérie "Les Faucons". Depuis, la procédure s'est enlisée. Le parquet a jugé que les faits n'étaient pas suffisamment caractérisés, des éléments de l'enquête ont été annulés pour vice de forme. Jean-Marc Morandini a obtenu plusieurs non lieux pour l'histoire des castings.

Mais finalement une autre affaire de harcèlement sur un jeune garçon a elle bien été retenue. Le parquet a donc renvoyé l'animateur devant le tribunal correctionnel pour corruption de mineurs. Il va se retrouver dans le box des accusés. Une position très désagréable pour lui, lui qui dénonce souvent la délinquance et le laxisme de la justice.

Buzz, clash, trash

D'autant que ce procès sera forcément très médiatisé. Jean-Marc Morandini est un petit roi de la planète télé. Après des débuts en locale à Marseille, il rejoint la Cinq de Silvio Berlusconi. Mais il s'est, avant-tout, fait connaitre dans les années 90 en présentant pendant quatre ans "Tout est possible". Lancée en 1993, c'est la première émission consacrée au buzz, au clash et au trash. Son slogan: "Ne zappez pas !". Malgré des audiences stratosphériques, avec des pointes à 75% de part de marché, TF1 préfère supprimer le programme, en juin 1997, en se bouchant le nez, dans ce qu'elle appelle sa "quête de sens".

Jean-Marc Morandini a ensuite rebondi en créant un petit empire, très influent dans l'univers des médias. Après TF1, il prend la direction de l'antenne de Nostalgie pendant quelques mois, puis rejoint la radio MFM. En 2002, il anime la tranche de la mi-journée de RMC mais est licencié après une interview dans Le Parisien où il critique son employeur.

A la rentrée 2003, il rejoint Europe 1 qui sera sa maison pendant près de treize ans, où il tient une émission média quotidienne, le midi puis le matin: Le Grand Direct. C'est à cette époque où il créé son blog, très suivi. Dès 2006, il présente des émissions médias le soir, à la télé, sur Direct 8 (aujourd'hui C8), puis NRJ 12, ce qui lui a longtemps permis, comme l'avait souligné Télérama, de "lancer une rumeur le matin sur internet, de la démentir le midi à la radio et de faire la synthèse le soir à la télé".

Morandini sur CNEWS: une grève et l'audience comme assurance-vie

Mais sa carrière prend un coup d'arrêt en 2016 après les révélations des Inrocks. Il est "provisoirement en retrait de l'antenne" de l'antenne par Europe 1. Il ne reviendra jamais. Mais Vincent Bolloré, qui l'avait recruté à Direct 8, lui permet au même moment de rebondir sur sa chaine info, iTELE, qui devient au même moment, CNEWS. Son arrivée déclenche une grève historique, 31 jours, dans la chaîne info du groupe Canal+ : 80 % des journalistes quittent finalement la chaine. Mais Bolloré et Morandini ont tenu bon. Seule concession: les journalistes de la chaîne pourront refuser de travailler avec lui. C'est ce qui a été appelé à l'époque, le "cordon sanitaire".

Son émission, "Morandini Live", est toujours à l'antenne aujourd'hui, tous les matins sur CNEWS. Avec de bonnes audiences, il faut le dire. Comme toujours, l'audience, qui est l'obsession de Morandini, et le soutien de son actionnaire sont son assurance-vie. Ce qui lui permet d'être insubmersible malgré son ton racoleur, les scandales et les casseroles.

Nicolas Poincaré avec MM