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Les ex-salariés d'Ardennes-Forge écoeurés: "On nous jette dehors et on nous demande de payer"

Les 47 ex-salariés d'Ardennes-Forge ont écrit au président Macron pour dire leur "écoeurement". Ils doivent en effet rembourser une partie des 900.000 euros de dommages et intérêts alloués en 2010 par le conseil des Prud'hommes après leur licenciement.

Ils sont écœurés par le revirement de la justice. Les 47 ex-salariés d'Ardennes-Forge ont été condamnés en juillet à rembourser plus de la moitié des 900.000 euros de dommages et intérêts qu'ils avaient obtenu en 2010.

Ces ex-salariés d'Ardennes-Forge à Nouzonville, qui avait repris des activités de l'équipementier automobile Thomé-Génot avant d'être liquidée en 2008, n'ont, pour la plupart pas retrouvé d'emploi stable. Rémy Petitjean, président de l'association des ex-Ardennes-Forge, doit rembourser 12.000 euros, l'intégralité de ses indemnités:

"J'ai deux enfants qui font des études, des logements à payer, j'ai tellement de choses à faire que si je dois payer cette somme-là, mes enfants ne vont pas à la fac, c'est clair et net. Je ne pourrais pas leur payer des études. Ça me touche moi, mes trois enfants, mon épouse. Et dans les autres familles, c'est pareil. 47 salariés, c'est 47 familles, il ne faut pas l'oublier. Je pense que les huissiers vont venir frapper à notre porte, c'est une certitude. On se réveille avec ça, on se demande comment on va faire. On vit avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. J'en connais quelques-uns qui sont un peu dépressifs avec tout ça".

"On a été jetés dehors et on nous demande de payer"

Les anciens salariés ont adressé une lettre à Emmanuel Macron pour que "demain plus aucun salarié ne puisse se retrouver dans la monstrueuse situation" qu'ils vivent.

"On voulait alerter le président pour faire passer le message, que surtout plus jamais on ne condamne des victimes. C'est ce qui se passe. Non seulement on a été jetés dehors, mais on nous demande aussi de payer. Apparemment le système judiciaire le permet. C'est le sens de la lettre au président. On ne lui demande pas d'annuler mais nous voulons communiquer sur notre histoire pour essayer de trouver une solution pour que plus jamais cela ne se représente", précise Denis Coune, un des porte-parole des anciens salariés.

Les indemnités avaient été calculées sur la base de l'existence de "travail dissimulé" par l'employeur, qui avait été condamné à ce titre au pénal. La cour d'appel avait revu à la baisse les dommages, sur la seule base de "licenciements abusifs".

Nicolas Traino (avec P.B.)