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Marine Le Pen mise en examen: "une violation de la séparation des pouvoirs", estime son avocat

Marine Le Pen, présidente du Front national et députée européenne, assiste à un débat au Parlement européen à Strasbourg, le 26 octobre 2016

Marine Le Pen, présidente du Front national et députée européenne, assiste à un débat au Parlement européen à Strasbourg, le 26 octobre 2016 - FREDERICK FLORIN / AFP

La présidente du Front national a été mise en examen vendredi pour abus de confiance. Son avocat dénonce "une violation du principe de la séparation des pouvoirs".

Convoquée au Pôle financier vendredi, la présidente du Front national a été mise en examen pour abus de confiance et complicité d'abus de confiance dans l'affaire des assistants parlementaires du FN au Parlement européen. Lundi, Marine Le Pen devrait déposer un recours pour contester ces accusations.

Le parti d’extrême-droite est soupçonné d’avoir mis en place un système pour rémunérer plusieurs membres permanents avec des crédits européens, en les faisant salarier comme assistants de ses eurodéputés. Dix-sept parlementaires FN sont concernés au total pour un préjudice évalué à cinq millions d'euros.

Marine Le Pen avait refusé de se rendre à la convocation du pôle financier pendant la campagne présidentielle et celle des législatives. Hier devant le juge d'instruction, la présidente du Front National a refusé de répondre à ses questions comme la loi l'y autorise. Elle a seulement lu une déclaration au début de son audition. 

"Cela n'a aucun sens"

L'avocat de Marine Le Pen, Rodolphe Bosselut, dénonce une "violation du principe de séparation des pouvoirs" dans cette affaire. 

"Il se pose dans ce dossier un vrai problème de séparation des pouvoirs. Les députés européens font de la politique et aujourd'hui, des juges judiciaires seraient censés faire le tri dans les activités de leurs assistants parlementaires entre ce qui relève du travail parlementaire stricto sensu et ce qui relèverait de la politique. Cela n'a aucun sens. Aujourd'hui, l'autorité judiciaire devrait venir s'inquiéter du travail parlementaire et donc définir les limites du travail parlementaire. C'est la violation du principe de séparation des pouvoirs", a-t-il estimé au micro de RMC.

Ce nouvel épisode de l'affaire des emplois fictifs du Parlement européen intervient alors que la présidente du FN a évincé deux responsables régionaux du Front national vendredi. Des responsables qui se sont montrés critiques vis-à-vis de la direction actuelle du parti.

Il s'agit de Sophie Montel, la première lieutenante de Florian Philippot, ce dernier lui ayant promis de ne jamais l'abandonner. Même sanction pour Pascal Gannat, le patron régional du FN dans les Pays de Loire, critique sur la sortie de l'euro promue par le parti. 

C. Martelet et M. Rostagnat