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"Même si c'est illégal, ça fonctionne": ce commerçant publie des images de voleurs et s’explique

Face à la recrudescence des vols, les responsables de petits magasins ont décidé d'afficher les suspects. Sur leur vitrine ou sur les réseaux sociaux, ils publient désormais les visages des voleurs présumés en s'appuyant sur les images des caméras de vidéosurveillance. Une pratique qu'ils savent pourtant illégale. Dans "Apolline Matin" ce jeudi sur RMC et RMC Story, un commerçant de Sarreguemines (Moselle) a expliqué sa démarche.

Des commerçants qui bravent la loi. Fatigués des vols à répétition et face aux hausses des cambriolages, certains ont décidé d'afficher sur leur vitrine, et même parfois sur les réseaux sociaux, les photos des voleurs présumés capturées par les caméras de vidéo-surveillance. Objectif: dissuader les auteurs de larcins.

C'est la voie qu'a choisie Morgan Sinier, responsable du magasin Cash Express à Sarreguemines, après le vol d'un ordinateur dans son établissement. Il a publié sur Facebook les photos de trois personnes, qu'il accuse du vol. S'il est conscient que c'est illégal, il déplore l'inaction des pouvoirs publics. "On est un peu laissé-pour-compte en tant que petit magasin", assure-t-il ce jeudi dans "Apolline Matin", sur RMC et RMC Story.

"A moins d'être une grande surface où l'on a des agents de sécurité et tout va vite, quand on est un petit magasin, qu'on veut récupérer la marchandise et que les personnes soient traduites en justice, cela prend vraiment beaucoup de temps", explique Morgan Sinier.

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Pas de retour de la police

Et il l'assure, afficher les voleurs a un impact plus rapide: "C'est illégal, on en est conscient, mais on fait ça pour avoir du soutien. Et on a même trouvé la personne, l'adresse, la voiture. Même si c'est illégal, ça fonctionne".

Mais ces indices n'ont pas accéléré l'action des autorités: "On a donné les informations à la police, on n'a pas de doute, on sait que c'est cette personne mais on n'a pas de retour. C'est un peu frustrant", assure Morgan Sinier, qui précise avoir bien porté plainte.

"On a porté plainte. Le but n'était pas de se faire justice nous-mêmes. Sinon, on aurait été chez le voleur avec des amis", ajoute-t-il.

Les cambriolages en hausse

Morgan Sinier a l'impression que la police ne fait pas son travail. "J'ai été cambriolé. Pour un particulier, l'action est rapide. Mais quand on est un petit magasin, ils disent que les assurances prennent tout en charge mais ça traîne, et non, elles ne prennent pas tout en charge", explique le responsable du magasin.

Aujourd'hui, il l'assure: une fois l'ordinateur récupéré et le voleur appréhendé, il retirera la publication sur les réseaux sociaux, même s'il constate déjà ses effets. "Depuis que la publication a été mise en ligne, depuis deux, trois jours, plus personne ne vient tenter de voler", assure Morgan Sinier, qui craint ne pas avoir de nouvelles des autorités avant deux ou trois mois.

Quant aux éventuelles poursuites auxquelles il s'exposerait, il faudrait que le voleur présumé porte plainte contre lui et son magasin.

Sur les dix premiers mois de l'année 2022, les cambriolages sont en hausse de 15% sur la même période par rapport à l'année dernière et de 16% sur les locaux commerciaux, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur.

G.D.