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Mort après avoir été arrêté à Béziers: "La police municipale s’est acharnée sur lui" dénonce sa soeur sur RMC

TEMOIGNAGE RMC - Selon les forces de l'ordre, la victime aurait été transporté à l'arrière d'un véhicule sur le ventre, menotté et avec un des policiers assis sur ses fesses "dans le but de le maintenir". À son arrivée au commissariat, il était inconscient et n'a pas pu être ranimé.

Trois policiers municipaux de Béziers ont été placés en garde à vue jeudir, dans le cadre d'une enquête ouverte après la mort le 8 avril dernier de Mohamed Gabsi, 33 ans.

Ce père de trois enfants souffrant de schizophrénie, avait été contrôlé par les policiers dans le cadre du confinement, il aurait alors "refusé leur contrôle" et "résisté" à l'interpellation. 

Selon les forces de l'ordre, il aurait ensuite été transporté à l'arrière d'un véhicule sur le ventre, menotté et avec un des policiers assis sur ses fesses "dans le but de le maintenir". À son arrivée au commissariat, il était inconscient et n'a pas pu être ranimé.

Houda, la sœur de la victime est revenue hier sur les lieux de la tragédie: "C’est ici où tout commence et où tout se termine surtout, c’est ici où il a marché sur ses deux jambes, et où il a fini mort".

C’est l’enquête qui devra démontrer si les trois policiers sont les auteurs de violences qui ont entrainé la mort de Mohammed Gabsi. Ces gardes à vues sont une première étape : "Symboliquement pour moi c’est important c’est un début. J’attends que Justice soit faite, je crois à ma Justice, je crois à mon pays".

Pouvoir diffuser les forces de l'ordre "lorsque leur responsabilité est mise en cause"

Selon des rapports d’autopsie, c’est la prise massive de cocaïne qui a provoqué la mort, ce que réfute la sœur de la victime:

"Ce n’est pas la cocaïne qui a fracture sa corne thyroïdienne, on est bien d’accord, la police municipale s’est acharnée sur lui".

Depuis les faits, un collectif se mobilise pour soutenir Houda et sa famille, c’est le cas de SOS Racisme et de son président départemental Meddy Nedir: "Nous insistons sur la nécessité de ce combat pour réhabiliter la mémoire de Mohammed, et pour que cela ne reproduise plus, d’où la nécessité de pouvoir filmer et diffuser les images des forces de l’ordre lorsque leur responsabilité est mise en cause".

Contactés par RMC jeudi après-midi, le maire de Béziers et l’avocat des policiers municipaux ont refusé de s’exprimer.

Jean-Wilfried Forquès (avec G.D.)