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Mort de Jeremy Cohen: pas de "motifs discriminatoires" à ce stade de l'enquête

Le jeune homme de confession juive avait été percuté par un tramway mi-février à Bobigny, alors qu'il fuyait une agression par plusieurs personnes.

Les violences qui ont précédé la mort de Jérémy Cohen, jeune homme de confession juive percuté par un tramway mi-février, n'ont pas de "motifs discriminatoires", à ce stade de l'enquête, a déclaré mardi le procureur de Bobigny Eric Mathais.

"Il ne ressort pas des témoignages recueillis jusqu'à présent que l'agression ait été commise pour des motifs discriminatoires. Aucun élément ne permet à ce jour d'établir avec certitude que la victime était porteuse de manière apparente ou non d'une kippa au moment de la scène de violence ", a dit M. Mathais lors d'une conférence de presse.

Certains candidats à la présidentielle avaient dénoncé un acte possiblement antisémite. "Est-il mort pour fuir les racailles? Est-il mort parce que juif? Pourquoi cette affaire est-elle étouffée?", s'interrogeait d'extrême droite Eric Zemmour (Reconquête!) lundi sur Twitter. Sa rivale Marine Le Pen (RN) a évoqué un "acte criminel" qui "pourrait être un meurtre antisémite".

Le président et candidat Emmanuel Macron a demandé mardi "la clarté complète" sur ce drame qui selon lui ne doit pas donner lieu à "manipulations politiques". Le cabinet d'Emmanuel Macron avait appelé dès lundi, à sa demande, les parents de Jeremy Cohen. Il "a demandé au garde des Sceaux de suivre de près et de tenir le président personnellement informé", a précisé l'Élysée.

Fauché par un tramway en fuyant une agression

Le mercredi 16 février, ce jeune homme de 31 ans, souffrant d'un handicap non visible comme l'a précisé sa famille à Radio Shalom, traversait les voies ferrées quand il a été percuté par le tramway à Bobigny (Seine-Saint-Denis) après avoir été frappé par des jeunes. En arrêt cardio-respiratoire et victime d'un traumatisme crânien il est décédé à l'hôpital peu après minuit.

A la suite de ce drame, une première enquête a été ouverte pour "homicide involontaire par conducteur". Les différentes investigations ont permis d'établir que l'infraction pénale visant le conducteur n'était "pas caractérisée", a expliqué le procureur, précisant que cette enquête avait été classée sans suite.

Le 10 mars, une vidéo filmée par un témoin montrant l'altercation et le choc avec le tramway était transmise aux enquêteurs. Une enquête était alors ouverte pour "violences volontaires en réunion", a relaté Eric Mathais. Un juge d'instruction et la police judiciaire du département sont désormais en charge des investigations.

G.D. avec AFP