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Présidentielle: avec qui gouvernerait Marine Le Pen, à 1,5 point de l'Elysée selon un sondage?

La candidat du Rassemblement national, Marine Le Pen, n'a jamais semblé aussi proche de pouvoir emporter l'élection présidentielle. Selon un sondage Harris Interactive paru lundi soir elle récolterait 48,5% des voix en cas d'arrivée au second tour face à Emmanuel Macron.

Marine Le Pen ne serait qu’à 1,5 point de la victoire, si elle arrive au second tour de l’élection présidentielle. Son score serait de 48,5% des voix, selon le dernier sondage Harris Interactive pour Challenges, sorti lundi soir. C'est simple, Marine Le Pen n'avait jamais été donnée aussi haut dans une étude d'opinion. Pas de quoi sortir le champagne tout de suite du frigo, dans son camp: "On reste humble, ce n'est qu'une photo à l'instant T, on ne gonfle pas les muscles", temporise un porte-parole.

Ce dernier y voit un effet McKinsey, du nom de ce cabinet américain, auquel l'Etat a eu recours notamment pendant la crise sanitaire et qui ne paye pas ses impôts en France. "Moi, je suis sûr que Le Pen est surcotée", se rassure, tant bien que mal, un soutien de Jean-Luc Mélenchon. Du côté des macaronistes, qui avaient eux-même fait monter la menace de l’extrême-droite la semaine dernière, c’est silence radio. Aucun membre de l’entourage proche d’Emmanuel Macron n’a souhaité répondre à nos sollicitations lundi soir.

Jean-Paul Garraud à la Justice, Hervé Juvin à l'Environnement

Alors, Marine Le Pen gouvernera peut-être, mais avec qui? Le casting reste encore bien mystérieux. Marine Le Pen rêve d'un "gouvernement d'union nationale". Mais même en privé, elle est bien incapable de livrer le nom d'un futur Premier ministre, d'un futur ministre de l'Intérieur ou d'un futur ministre des Affaires étrangères. "Vous connaissiez, vous, Édouard Philippe avant qu'il soit Premier ministre? Pas moi", balaye un de ses proches.

En revanche, deux postes sont déjà attribués, à deux actuels députés européens. L'Environnement pour Hervé Juvin, le ministère de la Justice pour Jean-Paul Garraud. La candidate parait même cette année plus seule qu’elle ne l’était en 2017. Nicolas Dupont-Aignan, présenté comme un éventuel Premier ministre pendant l’entre-deux-tours il y a cinq ans, a pris ses distances. Florian Philippot est parti avec perte et fracas, tout comme nombre de ses lieutenants, qui ont fait le choix récemment de rejoindre Eric Zemmour. Un aller sans retour, a pris soin de préciser la candidate.  

Ça veut dire que Marine Le Pen fait le pari des ralliements. Des rencontres ont même déjà lieu en secret avec des politiques de tout bord. Marine Le Pen avait bien cité Arnaud Montebourg, il y a quelque temps. "Entre les cadres du Rassemblement National et les élus régionaux, on en a pas déjà mal en magasin", rigole un de ses conseillers, qui drague des personnalités de la société civile, comme des profs de médecine et des hauts fonctionnaires. "Quand vous êtes donnés au second tour et potentiellement gagnant, forcément, des gens disent, 'je veux apporter ma contribution'", reconnaît ce même conseiller. Celui-ci mise sur une fusée à deux étages: des ralliements entre les deux tours de la présidentielle et des ralliements "une fois que Marine sera élue".

Certaines personnalités de la société civile auraient déjà fait des offres de service et envoyé leur CV. Des médecins pour la santé, des fonctionnaires de la haute administration pour le budget, assure-t-on du côté du QG du RN. Une information évidemment impossible à vérifier.

Guillaume Descours Journaliste RMC