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Nantes: un homme de 21 ans mis en examen après avoir avoué le meurtre d'une femme de 47 ans

La femme de 47 ans, mère de quatre enfants, a été tuée alors qu'elle se rendait au travail (photo d'illustration).

La femme de 47 ans, mère de quatre enfants, a été tuée alors qu'elle se rendait au travail (photo d'illustration). - Geoffroy Van der Hasselt / AFP

Un homme de 21 ans a été mis en examen pour homicide volontaire en état d'ivresse pour le meurtre à l'arme blanche d'une femme de 47 ans, tuée en pleine rue dimanche dernier à Nantes, alors qu'elle se rendait au travail. Les proches de cette mère de famille avaient mené une "enquête parallèle" pour retrouver cet homme.

Après le meurtre d'une femme de 47 ans à Nantes dimanche dernier, un homme de 21 ans a été mis en examen pour homicide volontaire en état d'ivresse. L'agression de cette femme de ménage s'est déroulée alors qu'elle attendait le bus pour se rendre au travail dans un établissement de santé.

Le meurtrier présumé est né à Nantes, il n'a pas d'emploi stable et vivait au domicile de ses parents, dans le même quartier que la victime. Placé en garde à vue lundi matin, il a reconnu les faits mardi après avoir nié pendant 24 heures.

Il explique les faits par "un besoin de violence incontrôlable" à l'issue d'une sortie alcoolisée en boîte de nuit, a détaillé le procureur de la République Renaud Gaudeul lors d'une conférence de presse.

"Un besoin de violence"

Rentrant "furieux" et alcoolisé en voiture d'une soirée en boîte de nuit qui s'était terminée trop tôt à son goût, le jeune homme s'est arrêté devant l'abribus où se trouvait la victime. Il dit s'être calmé après avoir échangé avec celle-ci et être rentré chez lui, avant de ressentir à nouveau un "besoin de violence" et de revenir sur les lieux.

"Il s'est emparé d'un couteau de cuisine et est retourné à pied au niveau de l'abribus en espérant, dit-il, que la femme ne s'y trouverait plus", a relaté le magistrat. "Mais elle était encore là et il s'est précipité vers elle pour lui asséner de très nombreux coups de couteau".

Après avoir pris la fuite, il a regagné son domicile, lavé lui-même ses vêtements et s'est rendu au commissariat de Nantes en tout début d'après-midi pour y livrer un faux témoignage. Il aurait ensuite jeté l'arme du crime dans la Loire.

Une enquête parallèle menée par les proches

La victime, maman de quatre enfants, a succombé à ses blessures peu après. L'autopsie pratiquée lundi fait état de 23 plaies sur le haut du corps dont plusieurs mortelles au niveau du cou.

Le procureur de la République a relevé l'existence d'une "enquête parallèle", menée par les proches et voisins de la victime. Ces derniers ont, rapidement après l'agression, mené des interrogatoires et exploité des images de vidéosurveillance d'un garage et d'un établissement scolaire voisins.

Ils ont ensuite identifié la voiture du suspect, se sont introduits à son domicile et ont mené "des fouilles et des prélèvements d'objets qui auraient pu être indispensables pour l'enquête", a regretté le procureur. Le suspect indique, lui, avoir reçu des coups.

"Je comprends naturellement l'émotion et la volonté de la famille et des amis de ne pas rester inactifs", a admis le procureur. "Mais on ne peut pas cautionner ces méthodes dans un État de droit."

AB avec AFP