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Nicolas Sarkozy bientôt jugé pour "corruption": "La probabilité d'une relaxe est faible"

Pour la première fois sous la Ve République, un ancien président sera jugé pour corruption: la justice a définitivement validé le renvoi de Nicolas Sarkozy devant le tribunal correctionnel dans l'affaire dite des "écoutes".

La Cour de cassation a rejeté mardi les derniers recours formés par Nicolas Sarkozy, son avocat et ami Thierry Herzog et l'ex-haut magistrat Gilbert Azibert qui tentaient d'éviter un procès. L'ancien chef de l'Etat sera donc jugé pour "corruption", une première dans l'histoire de la Ve République.

L’ancien chef de l’Etat est soupçonné d’avoir tenté de corrompre un haut magistrat pour obtenir des informations sur l’affaire Bettencourt. En 2013, les policiers qui enquêtent sur le dossier libyen repèrent une ligne téléphonique clandestine ouverte sur le pseudo de Paul Bismuth. Au fil de leur surveillance, ils captent alors sur cette ligne une conversation entre Nicolas Sarkozy et son avocat maitre Thierry Herzog. L’ancien Président de la République confie à son conseil sa volonté d’obtenir des renseignements sur la procédure Bettencourt auprès d'un magistrat de la Cour de Cassation. Tout cela en échange d’un coup de pouce pour un poste à Monaco.

La probabilité d'une relaxe est faible

Le haut magistrat n’a jamais obtenu le poste et il n’est pas établi que Nicolas Sarkozy ait obtenu des informations sur le secret de l’enquête. Mais l'ancien président sera jugé pour avoir eu l'intention de corrompre. Nicolas Sarkozy risque jusqu’à dix ans de prison et la déchéance de ses droits civils et civiques.

Eric Alt est magistrat et vice-président de l'association Anticor (une association anticorruption), se félicite de ce renvoi devant le tribunal correctionnel: "Je pense qu'il y a des indices précis et concordants et que la probabilité d'une relaxe est faible même s'il n'est condamné qu'à une peine avec sursis, le fait d'être condamné pour corruption marque le personnage symboliquement et une condamnation serait très importante".

Le procès de Nicolas Sarkozy, 64 ans, sur qui pèse par ailleurs la menace d'un procès pour "financement illégal" de sa campagne de 2012 dans l'affaire Bygmalion, devrait se tenir dans les prochains mois.

Jean-Baptiste Bourgeon avec Paulina Benavente