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Fabrice Lhomme et Gérard Davet: "Sarkozy et Fillon ont été au pouvoir ensemble en se méprisant"

Dans leur livre La haine, les années Sarko, les deux journalistes racontent des anecdotes notamment sur la relation très houleuse, entre Nicolas Sarkozy et François Fillon.

Des magouilles, des coups-bas, et une soif de pouvoir incommensurable. Dans leur nouveau livre, La haine, les années Sarko, les deux journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme se plongent dans la droite de Nicolas Sarkozy entre 2007 et 2012. Ils décrivent une lutte de chaque instant entre les différents responsables de la droite. Une lutte interne, où tous les coups semblent permis. 

C’est notamment grâce au témoignage de Jérôme Lavrilleux, proche de Jean-François Copé et aujourd’hui retiré de la vie politique, que les journalistes ont pu reconstituer une multitude de scènes et d’anecdote qui montre que la lutte pour le pouvoir est belle et bien réelle même au sein du même parti politique. 

Il détaille notamment la haine entre l’ex-président de la République Nicolas Sarkozy et son premier ministre François Fillon.

"Ces deux-là, c’est la carpe et le lapin. Au début ça marche et puis un jour, François Fillon commet l’erreur de dire ‘je suis à la tête d’un État en faillite’. Et là, Sarkozy à l’Élysée devient fou parce qu’il a dit ‘à la tête de l’État’, et puis il ne faut pas dire que l’État est en faillite sinon comment je vais gouverner. Et dès ce moment-là, les couteaux étaient tirés, la hache de guerre déterrée", explique Gérard Davet.

"Des gamineries"

Pour Fabrice Lhomme c’est encore pire. Il estime que les deux hommes ne pouvaient plus se voir. 

"Ils ont été au pouvoir ensemble en se méprisant. Et le mépris, c’est terrible, c’est quelque chose qui laisse des traces ensuite", affirme-t-il. 

C’est le début de nombreux coups bas entre les deux hommes, et notamment de la part de Sarkozy qui ne veut pas que son Premier ministre prenne trop de lumière.

Les deux auteurs racontent là encore une anecdote qui s’est déroulée lors d’un meeting en 2012 où alors que François Fillon est en train de chauffer la salle, Nicolas Sarkozy envoie la musique pour le faire taire. "C’est des gamineries, mais au sommet de l’État malheureusement", affirme Fabrice Lhomme.

Guillaume Descours