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Nuit jaune à Paris: On a été pris dans des mouvements de foule, au milieu des gaz et des grenades

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Plusieurs centaines de manifestants, réunis ce samedi soir place de la République à Paris pour la "nuit jaune", ont vite été évacués, en partie par les forces de l'ordre.

Une première "nuit jaune" vite écourtée. Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène, d'un canon à eau et tiré des grenades de désencerclement, repoussant les "gilets jaunes" sur une partie de la place.

De nombreux manifestants se sont plaints. Selon eux, le rassemblement était déclaré en préfecture, et autorisé jusqu'à 22 heures. Pourtant, tout avait bien commencé.

"Il est temps de changer, d'aller vers quelque chose de plus constructif"

Venant de la place de la Bastille, elle-même évacuée un peu plus tôt, ils ont convergé à République dès 17 heures dans une ambiance de kermesse, discutant en petits groupes sous une pluie fine. Fanfare et stands de merguez saucisses, en fin d'après-midi ce samedi, l'ambiance est donc détendue place de la République.

Jocelyne, 57 ans, espère que la "nuit jaune" sera l'occasion d'échanger et de débattre: "Ça fait penser à Nuit Debout. Après 10 semaines de mobilisation comme on a eu, il est temps de changer, d’aller vers quelque chose de plus constructif".

"On a été un peu effrayé par l’attitude de la police sur la place de la République"

Mais très vite, l'ambiance se tend. Quelques manifestants lancent des projectiles sur les forces de l'ordre qui répliquent. A 19 heures, la place est évacuée en quelques minutes. David, 25 ans, regrette que la soirée soit écourtée. 

"On a été un peu effrayé par l’attitude de la police sur la place de la République. On a été pris dans des mouvements de foule, bloqués de toutes parts, au milieu des gaz et des grenades. Je vais rentrer chez moi".

"On ne comprend pas trop comment on en est arrivé là"

Les magasins baissent leurs grilles, les passants rebroussent chemin. Manon, sort du théâtre à ce moment-là.

"C’est un peu choquant, un peu triste. Les gens qui sont divisés, qui lancent des trucs sur les policiers qui font un peu leur taff, on ne comprend pas trop comment on en est arrivé là".

Ils sont à peine 300 à regagner la place. Ils chantent la Marseillaise et craquent des fumigènes, entourés par les CRS.

Caroline Philippe (avec Caroline Petit)