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"On a basculé dans l'horreur": face aux violences, des policiers du Raid envoyés à Mayotte

Depuis plusieurs jours, les violences sont encore montées d'un cran à Mayotte. Une situation invivable pour la population sur place, qui vit dans l'angoisse. Beaucoup songent même à quitter l'île.

Une dizaine de policiers du Raid sont arrivés ce mardi à Mayotte pour prêter main-forte aux forces de l'ordre sur place. Le 101e département français est en proie à des violences depuis plusieurs mois, et exacerbées ces derniers jours.

Mamoudzou, la plus grande ville de l'île, est secouée par des conflits inter-quartiers qui ont fait un mort le 12 novembre. Un bus scolaire a également été attaqué, des automobilistes poignardés... Et toute la population vit dans l'angoisse.

“Là, on a basculé dans l'horreur. C'est la gratuité, tout le monde est victime”. Ce praticien hospitalier raconte son quotidien avec les voitures fracassées, les taches de sang partout sur les routes. Il témoigne également de la situation à l’hôpital de Mamoudzou, où aucun lit n'est disponible.

“Ils cassent les bras, ils coupent les mains, ils tapent contre le crâne avec leurs machettes, on n'a jamais vu ça !”, indique-t-il.

Une violence liée à l'immigration

Beaucoup partagent le même sentiment d'être piégé. Après ses enfants, Gaillard pense à quitter son île natale. “Chaque Mahorais qui a les moyens, il cherche à partir. Ici, on se fait assassiner. Quand je sors de chez moi, c'est comme si j'étais une cible. À chaque bruit suspect, je me retourne. C'est la psychose, dès qu'il commence à faire nuit, tout le monde s'enferme chez soi”, indique-t-il.

Et certains pensent à se faire justice eux-mêmes, prévient Estelle Youssouffa. La députée de Mayotte redoute une guerre civile.

“80% des affaires au tribunal à Mayotte concernent des étrangers en situation irrégulière. Oui, la violence qu'on subit est liée à l'immigration. Je sais que c'est politiquement clivant, mais c'est notre réalité. Il y a des mineurs qui sont des bourreaux à Mayotte. Et nous, la population, on n'en peut plus”, confie-t-elle.

Elle réclame davantage de contrôles aux frontières, de greffiers et de juges. Et si l’arrivée du Raid est "une bonne chose" selon elle, elle plaide pour qu’il soit basé sur l'île de manière permanente.

Marion Gauthier avec Guillaume Descours