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Plusieurs clientes, blessées après une épilation à la lumière pulsée, s’organisent contre Dépil Tech

Il y a quelques mois, Aline contactait "RMC s'engage pour vous" après des brûlures importantes à la suite d'une séance d'épilation définitive dans un centre Dépil Tech. Quelques mois plus tard, plusieurs clientes, qui ont connu des blessures identiques, s'organisent contre l'entreprise niçoise.

C'était il y a un an. Aline, assistance maternelle, pousse la porte d'un centre Dépil Tech, une chaine d'instituts spécialisés qui a plus de 120 centres en France. Ce centre propose une technique d'épilation définitive par de la lumière pulsée. De la lumière est envoyée à forte intensité sur le poil et le détruit, sans possibilité de repousse.

Sauf que pour Aline, dès la prémière séance, cela s'est mal passé: "A un moment, la jeune femme me dit que ma peau réagit mal. Je me rhabille, je rentre chez moi, ça me brûle. En fait, il y avait des cloques. Le contact de l'eau sous la douche, le contact des draps la nuit, ça me faisait pleurer tellement j'avais mal alors que je ne suis pas douillette".

"J'ai des taches derrière les mollets qui m'ont créé un réel complexe, donc oui, je n'aurai plus de poils mais je ne veux plus montrer mes jambes. Psychologiquement, je suis vraiment touchée".

À la suite de la première intervention sur le sujet de "RMC s'engage pour vous", en mai dernier, et après qu'Aline a pris une avocate qui a mis en demeure Dépil Tech, l’entreprise a entamé une négociation avec notre auditrice et a accepté de rembourser la première séance, soit 140 euros. Mais pour le reste, les 2.000 euros restants, Dépil Tech propose un avoir pour un nouveau forfait d’épilation. Aline devrait donc retourner dans un centre pour se faire épiler. Une hypothèse qu'elle a évidemment refusée, et les négociations se poursuivent.

4.000 personnes regroupées veulent monter une action groupée contre Dépil Tech

Sauf qu'Aline n'est pas la seule cliente de l'entreprise, basée à Nice, à avoir été blessée. Des clientes lésées s’organisent grâce à un groupe Facebook “Dépil Tech arnaques” qui réunit plus de 4.000 personnes. Elles échangent sur leurs histoires et souhaitent monter une action groupée contre l’entreprise.

Aurélie, par exemple, a fait confiance à DepilTech pour se faire épiler les aisselles il y a deux ans. Son témoignage fait froid dans le dos. Deux jours après la première séance, elle a développé une thrombose au bras droit. Deux caillots de sang se sont logés dans une veine, bloquant la circulation. Ses médecins n'ont aucun doute: l’épilation à la lumière pulsée en est la cause. Aurélie a "toujours mal" et "prends des médicaments contre la douleur". "Ça dure du matin au soir et même la nuit", explique-t-elle.

"Quand je vois les médecins autour de moi, je leur dis 'arrachez-moi le bras'. Je pense qu'il ne faut pas laisser les choses continuer. Qu'ils fassent des excuses, trouvent des solutions pour pouvoir nous soulager et assument leurs actes et leurs erreurs. Ce serait un bon point."

Ces clientes ne condamnent pas la lumière pulsée en soi, mais demandent plus de régulation. Pour l'instant, cette pratique est ouverte à tous les centres esthétiques. Elles demandent, par exemple, qu'elle soit supervisée par un médecin.

Huit clientes vont demander des dommages et intérêts

Accompagnées de l’avocate Me Emma Leoty, huit personnes sont en train d’étudier les différents recours. Elles pourraient être plus d'ici les prochains jours. Elles vont exiger de la justice la désignation d’un expert médical, afin de répertorier leurs blessures, dans l’objectif d’obtenir des dommages et intérêts.

Selon la directrice générale de Dépil Tech, contactée par RMC, “les brûlures lors d’actes épilatoires sont extrêmement rares”, et ce sont des cas qui ont “toujours été pris au sérieux et pris en charge par leurs services”.

RMC s'engage pour vous
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Joanna Chabas avec Maxime Martinez