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Prêtres suspendus à Lyon: "Il faut que les procédures aillent jusqu'au bout et qu'ils ne le soient plus"

Quatre prêtres ont été relevés de leur ministère par le cardinal Philippe Barbarin, pour des faits d'abus sexuels, après avis d'un collège d'experts, a indiqué jeudi le diocèse de Lyon. Une décision attendue depuis six mois par les paroissiens lyonnais et les membres de l'association La Parole Libérée, à l'origine du scandale.

Les victimes de prêtres pédophiles lui reprochaient de ne pas avoir agi, alors le cardinal Barbarin a décidé de se lancer dans une opération mains propres. Ce jeudi, l'archevêque de Lyon a relevé de leurs fonctions quatre prêtres de son diocèse impliqués dans des affaires d'abus sexuels. Désormais, ils ne peuvent donc plus exercer dans une église et être au contact de paroissiens. D'autres prêtres font également l'objet de mesures d'accompagnement car leur situation peut poser problème. Une décision prise avec l'avis d'un collège d'experts réunissant psychiatre, justice et parents et qui va imposer aux futurs curés de Lyon d'attester d'un casier judiciaire vierge.

"Il aurait dû la prendre bien avant"

Une décision importante et attendue par les paroissiens lyonnais. La preuve, sur le parvis de la Basilique de Fourvière, à la sortie de la messe, ils n'ont qu'un seul mot à la bouche: enfin ! Pour Marie-Pierre, c'est même un véritable soulagement: "Vu le pouvoir qu'a un prêtre sur les gens, c'est impossible de le laisser en fonction. Donc il vaut mieux, par principe de précaution, le suspendre. C'est une décision qu'il aurait dû prendre bien avant".

Une bonne mesure aussi pour François Devaux, l'un des fondateurs de l'association de victimes La Parole Libérée, qui regrette cependant que celle-ci soit si tardive. "En termes d'image, c'est extrêmement regrettable. Il a fallu faire un tel tapage pour qu'une prise de conscience et de décision apparaisse enfin. Moralement, il ne faut pas un collège d'experts pour pouvoir décider que la pédophilie est bien plus qu'un pêché".

"Une décision de bon sens"

"On parle depuis le début de prêtres dans une zone grise. Or, nous, nous voulons une zone noire et une zone blanche, c’est-à-dire que les prêtres qui sont irréprochables le demeurent et que ceux qui ont des 'casseroles' vis-à-vis de la pédophilie ou de la délinquance sexuelle n'ont plus le droit de l'être, insiste Bertrand Virieux, un des autres fondateurs de La Parole Libérée. Cela peut paraître binaire mais au moins c'est clair pour tout le monde".

La décision du cardinal Barbarin est "une décision de bon sens", estime-t-il encore. "Mais, ajoute-t-il, il faut que ces procédures aillent jusqu'au bout pour éviter que l'on ne se retrouve avec des prêtres qui un jour referont surface parce qu'ils auront été déplacés, oubliés. On veut donc simplement qu'ils ne soient plus prêtres". C'est pourquoi l'association demande maintenant au pape François de rendre à l'état laïc ces prêtres, pour qu'ils n''exercent plus aucune fonction religieuse.

Maxime Ricard avec Gwenaël Windrestin