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Procès de l'affaire Alexia Daval: "Nous serons très vigilants pour qu’on ne salisse surtout pas sa mémoire"

DOCUMENT RMC - Le corps d'Alexia Daval avait été retrouvé près de Gray en Haute-Saône, peu après sa disparition, en parti brûlé, dans un bois à quelques kilomètres de son domicile. Son mari Jonathan Daval comparaît devant la cour d'assise de Haute-Saône ce lundi.

Un peu plus de trois ans après la mort d’Alexia Daval, le procès du mari, Jonathan Daval, s’ouvre ce lundi devant la cour d’assise de Haute-Saône à Vesoul. Ce dernier était d’abord apparu à multiple reprise comme un mari éploré après la découverte du corps. Mais il avait craqué quelques mois plus tard et avait avoué le crime. 

Mais de nombreuses zones d’ombre restent à éclaircir. Jonathan Daval avait notamment affirmé qu’il avait été frappé par sa femme, mordu et injurié lors d’une dispute. Ce serait à la suite de celle-ci qu’il l’aurait roué de coups et étranglé. Mais il soutient qu’il ne voulait pas la tuer.

Il assure avoir des révélations à faire lors de son procès. Pour son avocat, maître Schwerdorffer, c’est même le procès d’un couple. 

“Nous serons très vigilants aux côtés de la famille pour qu’on ne salisse surtout pas la mémoire de d’Alexia. Et j’ai l’impression dans les dernières déclarations qui ont été faites que cette piste peut être acheminée. On ne se laissera pas faire. 
Nous sommes très impatients de voir le procès, de le voir en face de nous. Nous ne l’avons pas vu depuis la reconstitution il y a 18 mois, et nous avons toute une série de questions à lui poser. Nous attendons des réponses et notamment les fameuses révélations dont il parle depuis quinze jours ou trois semaines”, affirme sur RMC l’avocat de la famille d’Alexia, maître Gilles-Jean Portejoie.

La question de la préméditation sera posée

Il affirme que, comme pendant l'enquête et la reconstitution, les parents d’Alexia sont prêts à être combatifs. Il rappelle que c’est en partie grâce à une confrontation entre la mère et Jonathan que la vérité a pu éclater.

L’avocat de la famille évoque une question principale. 

“Pourquoi ce garçon que nous aimions comme un fils, parce qu’il y avait une relation particulière entre la famille Fouillot et Jonathan Daval, a-t-il fait ça? Pourquoi ensuite, et c’est peut-être encore plus grave, s’est-il comporté de cette façon, pourquoi a-t-il adopté cette défense aussi grotesque qu’abjecte?”, questionne-t-il. 

Gilles-Jean Portejoie affirme aussi que la préméditation du meurtre qui n’a pas été retenu pour ce procès va tout de même être évoquée. 

“Toute une série de zones d’ombre subsistent. Il y a aussi le problème de la complicité parce que par exemple moi, je suis convaincu que tout ce qu’il a fait, il n’a pas pu le faire seul. Il y a aussi la question du sperme, retrouvé dans le vagin, la culotte et le short de la victime. On n'en a pas parlé, mais il faudra qu’on nous explique pendant les débats d’où ça vient”, ajoute l’avocat. 

Le procès doit durer jusqu’à vendredi. Jonathan Daval encourt la prison à perpétuité. 

Guillaume Descours