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Procès du 13-Novembre: Sophie Dias, fille d'une victime du Stade de France, dénonce un "abandon" du gouvernement

Jeudi, les premières auditions de parties civiles et victimes de l’attentat du Stade de France ont eu lieu face à la cour d’assises spéciale.

Après les enquêteurs, c'est au tour des victimes de témoigner depuis mardi à la barre du procès des attentats du 13-Novembre 2015. Ils vont avoir la parole pendant cinq semaines pour venir "affronter" les terroristes présumés et leurs complices. Des témoignages qui ont donc débuté mardi, avec les victimes des explosions qui avaient eu lieu aux abords du Stade de France.

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Parmi elles, des gendarmes intervenus en premier sur les lieux, des blessés par les trois explosions des Kamikazes et Sophie Dias, la fille de Manuel Dias, mort sur le parvis du stade par le gilet explosif d’un terroriste.

“Je suis la fille de Manuel, la seule victime décédée au Stade-De-France”. Les mains tremblantes, Sophie Dias rend hommage à son père à la barre. “Mon papa était un papa poule un pilier de la famille”.

“Je me sens soulagée et en même temps ça ne va pas changer la peine que j’ai au fond de moi et la perte est toujours là en fait. Et ça personne ne pourra me le rendre en fait malheureusement”, indique-t-il à la presse.

Un deuil difficile à faire

Dans une colère froide Sophie Dias décrit ensuite une machine administrative inhumaine auprès de laquelle il faut sans cesse se justifier. Et ce sentiment d’abandon dure depuis 5 ans.

“Il y a des expertises qui sont très dures et cinq ans après toujours d’ailleurs. Il y a des experts du fonds de garantie qui sont payés pour faire des expertises au rabais et diminuer notre peine au maximum. Si on veut se rendre au Portugal pour se recueillir de temps en temps sur la tombe de mon père, c’est pour faire du tourisme ou aller voir la famille”, raconte-t-elle.

Selon la jeune femme, dans ces conditions, il est très difficile de faire le deuil. Elle regrette aussi d’avoir appris qu’Emmanuel Macron ne se rendra plus aux hommages. “On se sent abandonné”, indique-t-elle. 

Jean-Baptiste Bourgeon avec Guillaume Descours