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Procès du crash du Rio-Paris: le parquet ne demande pas la condamnation d'Airbus et d'Air France

Le parquet a estimé ne "pas être en mesure" de requérir la condamnation d'Airbus et Air France dans le procès du crash du vol Rio-Paris du 1er juin 2009, qui avait fait 228 victimes.

"Impossible à démontrer." C'est sous les huées des familles des victimes que le parquet a estimé mercredi ne "pas" être "en mesure de requérir la condamnation" d'Airbus et d'Air France après le crash du vol Rio-Paris. Les deux entreprises sont jugées pour homicides involontaires après ce crash dans lequel 228 personnes sont décédées le 1er juin 2009.

La culpabilité des entreprises "nous paraît impossible à démontrer. Nous savons que cette position sera très probablement inaudible pour les parties civiles, mais nous ne sommes pas en mesure de requérir la condamnation d'Air France et d'Airbus", a déclaré le procureur Pierre Arnaudin. .

"Aucun manquement, ni négligence en lien direct" avec le crash

Le parquet a estimé qu'il n'y avait aucun "manquement" ni "négligence" en "lien direct" avec la catastrophe. "Force est de constater qu'au regard des données de la science de l'époque, aucune faute pénale ne me semble pouvoir être retenue", a-t-il estimé. La procureure Marie Duffourc a ensuite affirmé qu'aucun "défaut de conception de l'avion" ne pouvait être retenu contre Airbus.

Le parquet a surtout estimé que les éléments à charge rassemblés par la cour d'appel de Paris, qui a ordonné le procès en 2021, n'étaient pas fondés: il a conclu que les prévenus n'avaient pas sous-estimé la gravité des défaillances de sondes Pitot, qui s'étaient multipliées dans les mois précédant l'accident.

Le ministère public a longuement détaillé pourquoi, selon lui, ni Airbus, ni Air France n'ont pas non plus commis de "négligence fautive" en ce qui concerne la formation et l'information des pilotes à cette panne. Dans les rapport d'incidents, "il n'y avait jamais eu d'échappée et de perte totale de contrôle de l'avion", a fait valoir Pierre Arnaudin. Après avoir lu une série de témoignages, le procureur a déclaré que "Airbus et Air France pouvaient être fondés à croire à l'époque des faits que ces formations et procédures auraient du suffire à gérer la situation de l'AF447".

"J'ai honte d'être française"

"Nous avons entendu l'insoutenable douleur de la perte de vos proches, votre désir de sanction, que des coupables soient désignés", a-t-il poursuivi en s'adressant aux parties civiles. "Notre devoir en tant que ministère public, c'est de nous référer (...) à la loi, sans qu'elle puisse être infléchie par les attentes de l'une ou l'autre des parties, fussent-elles ressenties comme légitimes".

Dans la salle d'audience pleine à craquer du tribunal correctionnel de Paris, des applaudissements de colère se sont fait entendre. "J'ai honte d'être française !", "à quoi sert la justice ?", ont lancé certaines parties civiles avant de quitter la salle.

La rédaction avec AFP