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Procès du meurtre de Maëlys: ses proches décrivent une fillette "réservée et méfiante"

Maëlys: jusqu'à 3000 personnes attendues pour les obsèques de la fillette

Maëlys: jusqu'à 3000 personnes attendues pour les obsèques de la fillette - AFP

Suite du procès de Nordalh Lelandais pour le meurtre de Maëlys. Ce mercredi, les proches de la jeune fille ont dressé son portrait. L'accusé a lui été de nouveau confronté à la même question: a-t-il forcé Maëlys à monter dans sa voiture? Une question à laquelle il n'a pas répondu.

"Elle était méfiante": de Maëlys, ses proches ont esquissé le portrait d'une fillette "réservée" qui n'aurait pas suivi spontanément un inconnu, contrairement à ce qu'avance Nordahl Lelandais lors de son procès pour enlèvement et meurtre devant les assises de l'Isère.

Des yeux noirs fixant l'objectif et des cheveux bruns ondulés tombant en cascade sur ses épaules. Le visage de Maëlys De Araujo, huit ans, est apparu sur des affichettes placardées après sa disparition dans la nuit du 26 au 27 août 2017 lors d'un mariage à Pont-de-Beauvoisin en Isère.

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Depuis lundi 31 janvier, jour de l'ouverture du procès de Nordahl Lelandais, accusé de l'avoir enlevée et tuée, une toile de près d'un mètre de haut représentant le portrait de la fillette sur des vagues trône à l'entrée de la cour d'assises.

"Ma fille était quelqu'un de réservé, qui n'allait pas vers les autres", a déclaré à la barre Jennifer Cleyet-Marrel, la mère de Maëlys, qui serre constamment contre elle la photo encadrée de sa fille. Ce cadre blanc, elle l'a posé ostensiblement face à l'accusé pendant son témoignage.

Elle a alors raconté un épisode survenu quinze jours avant les faits, lors de leurs vacances au Portugal: Maëlys était partie nourrir des canards et s'était faite tancer pour s'être un peu trop éloignée. "Elle ne serait jamais montée dans la voiture d'un inconnu alors que je l'avais réprimandée peu de temps avant", assure l'infirmière de 41 ans. 

"Craintive avec les inconnus"

Pourtant, l'accusé, qui assure avoir tué "involontairement", en frappant la fillette à coups de poings, a maintenu au cours des débats qu'elle était montée sans contrainte dans sa voiture. 

Comme la mère de Maëlys, un ami d'enfance de son père décrit "une petite fille craintive avec les inconnus". Un trait confirmé par une amie de longue date de sa mère, qui, elle aussi, dépeint une gamine "enjouée" mais "souvent solitaire" et "prudente" face aux adultes. 

"Elle était plutôt dans les jeux de garçon, foot, Playmobil. Ce qu'elle adorait c'était les chats, les chiens et les promenades en forêt", a détaillé cette dernière devant la cour.

Plus de quatre ans après les faits, l'énigme reste entière sur les conditions dans lesquelles Maëlys a quitté la salle des fêtes pendant une soirée de mariage pour se retrouver dans le véhicule de Nordahl Lelandais. "C'est impossible qu'elle parte d'elle-même, elle était méfiante, prudente", a affirmé l'amie de Jennifer Cleyet-Marrel. 

Lorsque son avocat Me Alain Jacubowicz lui demande s'il l'a "forcée physiquement" ou s'il a usé de "persuasion" pour que Maëlys prenne place dans sa voiture, la réponse de Nordahl Lelandais, depuis le box, tient en trois mots : "Pas du tout". "Est-elle montée volontairement ?", a insisté Me Jacubowicz. "Quoi que je dise je ne serai pas cru, donc c'est très, très difficile", a répliqué, inflexible, l'ex-maître chien âgé de 38 ans.

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Quid des griffures constatées notamment sur son épaule et sa main lors de son audition le 28 août 2017 ? Des lésions faites en jardinant, avait-il expliqué au cours de l'instruction.

Le père de Maëlys, Joachim De Araujo, lui, considère ces marques comme le "signe" que sa fille, qu'il surnomme son "guerrier de lumière", a écouté ses conseils en cas d'agression et "qu'elle avait essayé de se défendre cette fameuse nuit".

Vendredi, l'accusé sera interrogé en détail sur cette nuit du 26 au 27 août. Mais Me Fabien Rajon, qui défend la mère de la victime, se dit déjà " pessimiste quant à sa capacité à nous dire ce qui s'est vraiment joué le soir de la disparition de Maëlys". 

Son corps a été retrouvé six mois plus tard: le 14 février 2018, Nordahl Lelandais confondu par une trace de sang découverte sous un tapis de sa voiture, finit, par avouer l'avoir tuée "involontairement" avant de conduire les enquêteurs dans le massif de la Chartreuse. 

La rédaction avec AFP