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Professeur décapité: où en est l'enquête?

Devant le collège de Conflans-Sainte-Honorine où enseignait la victime

Devant le collège de Conflans-Sainte-Honorine où enseignait la victime - Bertrand GUAY / AFP

Les enquêteurs cherchent à savoir si l'individu a agit seul. Depuis l'attaque, onze personnes ont été placées en garde à vue. Parmi eux, des proches de l'assaillant mais également des parents d'élèves du collège.

Un acte prémédité. Peu de temps avant son passage à l'acte, Abdoullakh A . l'assaillant a effectué un repérage aux abords du collège Bois d'Aulne de Conflans-Sainte-Honorine pour identifier le professeur d'histoire géographie: "L’auteur des faits se trouvait devant le collège dans l’après-midi et avait sollicité des élèves afin de lui désigner la future victime. La première exploitation de son téléphone a permis de retrouver dans le bloc-notes, le texte de la revendication ainsi que la photographie de la victime horodatée à 16h57", a expliqué samedi Jean-François Ricard le procureur national antiterroriste lors d'une conférence de presse.

Inconnu des services de renseignement, l'assaillant n'était pas fiché S, mais il était connu de la police pour des dégradations et des faits de violence en réunion. Son entourage parle d'un garçon secret, solitaire avec peu d'amis et très isolé passant le plus clair de son temps devant son portable ou son ordinateur.

Un acte commandité ?

Un jeune homme qui considérait la communauté tchéchène comme trop laxiste à vouloir s'intégrer en France, auprès des "infidèles" explique son père. Ce dernier évoque également un garçon potentiellement manipulable, il reste persuadé que son fils n'a pas pu agir seul et que son acte a été commandité. Plusieurs membres de sa famille affirment qu'ils n'ont observé aucun signe qui aurait pu annoncer son passage à l'acte.

L'assaillant a-t-il agit seul ou a-t-il bénéficié de complicités ? Onze personnes ont été placées en garde à vue dont des membres de sa famille proche. Mais aussi le père de famille ayant posté une vidéo sur les réseaux sociaux pour se plaindre du professeur. Les policiers interrogent aussi l'un des amis de ce parent d'élève : un homme connu des services de renseignement, fondateur d’un collectif pro-palestinien et engagé contre le sionisme. Ces deux hommes sont-ils liés à l'auteur de l'attaque ? C'est ce que tentent de comprendre les enquêteurs.

Jean-Baptiste Bourgeon (avec Guillaume Dussourt)