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Refus d'obtempérer: un homme abattu à Paris, deux policiers mis en examen

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image d'illustration - PHILIPPE HUGUEN / AFP

Un homme a été tué par un policier lors d'un refus d'obtempérer ce vendredi aux alentours de 19h dans le XIIe arrondissement de Paris. Deux policiers, dont le tireur, ont été placés en garde à vue et mis en examen.

C'est le douzième décès à la suite d'un refus d'obtempérer depuis le début de l'année. Il est 19h, dans le XIIe arrondissement de Paris, dans une rue adjacente au cours de Vincennes, une artère très fréquentée de la capitale, quand la police tente de contrôler trois hommes à bord d'une voiture.

"La police était derrière. Ils sont descendus à la hauteur du conducteur. J'ai vu que le passager a ouvert la porte et est parti en courant. Le conducteur est resté coincé. J'ai entendu des coups de feu et j'ai vu la voiture accélérer d'un coup et taper une autre voiture plus loin", explique un livreur, témoin de la scène

Un des tirs a tué le conducteur. Les policiers ont essayé de le réanimer, selon des vidéos postées sur le réseau social Tiktok, mais sans succès. Les autres occupants du véhicule ont pris la fuite à pied.

Deux enquêtes ont été ouvertes. L'une, qui concerne les policiers, pour homicide volontaire par personne dépositaire de l'autorité publique, menée par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la seconde, pour les occupants de la voiture, pour tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité de publique.

"Le métier est de plus en plus dangereux"

Un nouveau cas qui n'étonne pas les syndicats de policiers. "Les chauffards prennent des risques incommensurables" explique Jérôme Jimenez délégué syndical à l'UNSA Police.

"Le métier est de plus en plus dangereux. Si les policiers sont obligés d'effectuer des tirs de riposte, dans le quart de seconde, c'est que ou leur intégrité physique est en danger imminent, ou la vie des personnes aux alentours (passants, automobilistes, piétons,…) est mis en danger par ces actes de délinquance qui pourrissent le quotidien des policiers" déplore-t-il.

Les cas de refus d'obtempérer sont de plus en plus nombreux. En 2021, 27 000 cas ont été recensés par le ministère de l'Intérieur contre 24 000 en 2020. Les nombre de tirs après un tel délit routier stagnent autour de 150 depuis 2017. À cette date, la loi a modifié les conditions dans lesquelles les policiers peuvent tirer. Soumis jusqu'alors au Code pénal et aux principes de la légitime défense, comme tout citoyen, ils ont désormais plus de latitude et peuvent tirer dans plus de situations.

Depuis cette date-là, selon l'article 453-1 du code de la sécurité intérieure, les policiers "peuvent tirer en cas de refus d'obtempérer s'ils ne peuvent stopper la voiture autrement que par l'usage des armes et si dans sa fuite, le conducteur est suceptible de perpétrer des atteintes à leur vie ou à leur intégrité physique ou à celles d'autrui".

Kévin Gasser avec Maxime Martinez