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Refus d’obtempérer: pourquoi les policiers ne tirent pas sur les pneus

Dans "Apolline Matin" ce mardi sur RMC et RMC Story, David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale, est revenu sur l’affaire du refus d’obtempérer ce samedi à Paris, dans laquelle une jeune femme est morte des suites de ses blessures après les tirs des policiers. En expliquant notamment pourquoi les membres des forces de l’ordre ne visent pas les pneus dans de telles situations.

Une voiture qui redémarre, des policiers qui tirent et touchent mortellement. Comme sur le Pont-Neuf le 24 avril (deux morts), un refus d’obtempérer a fait une victime ce week-end dans le 18e arrondissement de Paris. Le conducteur, multirécidiviste et en semi-liberté, aurait tenté de foncer sur des policiers, qui ont fait usage de leurs armes. La passagère de 22 ans a succombé à ses blessures. "La police tue", a lancé Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, créant la polémique à quelques jours des élections législatives.

"On est à nouveau face à une outrance verbale de Jean-Luc Mélenchon, explique David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN), dans ‘Apolline Matin’ ce mardi sur RMC et RMC Story. Il ne faut pas qu’on tombe dans ce débat, qui est une sorte de prise d’otage, dans laquelle la police nationale ne doit pas aller. La police ne tue pas. Aucun policier ne rentre dans ce métier pour tuer. Je ne connais personne qui a envie ou le plaisir de tuer. Je connais surtout des policiers qui sont traumatisés quand ils sont impliqués dans des affaires comme celle-là."

"Tirer dans les pneus, ça ne sert à rien"

Mais pourquoi les policiers ne visent-ils pas les pneus dans un cas de cette nature ? "Tirer dans les pneus, ça ne sert à rien, assure David Le Bars. C’est vraiment quelque chose qu’il faut évacuer du débat. Vous tirez dans les pneus et vous avez des véhicules qui continuent de rouler des dizaines de kilomètres. J’en ai des dizaines des affaires comme ça. On nous a même supprimé les herses pour les mêmes raisons, parce qu’on s’est rendu compte qu’elles avaient assez peu d’effets et parfois créent des incidents. Donc tirer dans les pneus, c’est une mauvaise défense et ce n’est pas celle-là que prendront les policiers. De toute façon, vous visez un véhicule sans pouvoir l’arrêter et si vous avez des ricochets et des dommages collatéraux, vous ne pouvez pas les justifier."

Pour ce syndicaliste policier, qui "comprend et entend bien le traumatisme et l’émoi dans la population" que peut provoquer la mort d’une personne dans ces conditions, "il y a deux façons de se défendre" pour les forces de l’ordre. "La légitime défense, si les policiers étaient eux-mêmes en danger ou d’autres personnes, ou l’article du code de sécurité intérieure, le 435-1 pour être précis, qui prévoit différents cas de figure dont le refus d’obtempérer, lorsqu’un véhicule peut mettre en danger la foule ou les policiers, explique David Le Bars. C’est cette défense qu’il faut respecter. On verra si les magistrats l’entendent."

LP