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S'il est mis en examen pour conflits d'intérêts, que risque le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti?

Eric Dupond Moretti est soupçonné d'avoir profité de son poste de ministre pour régler des comptes dans des dossiers dans lesquels il avait été impliqué en tant qu'avocat.

C'est une première pour un ministre de la Justice en exercice. Un an après son entrée au gouvernement, Eric Dupond-Moretti est convoqué ce vendredi matin devant les juges de la Cour de justice de la République.

Le garde des Sceaux va devoir s'expliquer sur des soupçons de conflits d'intérêts entre son action à la Chancellerie et son ancienne activité d'avocat. Cette convocation lui a été remise lors d'une très longue perquisition place Vendôme le 1er juillet.

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Toute la question est de savoir si le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti a tenté grâce à ses fonctions actuelles de venger l'avocat Eric Dupond-Moretti.

Pour bien comprendre cette affaire, il faut revenir quelques années en arrière. Nicolas Sarkozy est alors accusé de corruption et l'ancien président de la République aurait alors bénéficié d'informations confidentielles sous le manteau. Des magistrats décident alors de mettre sous écoute de grands avocats parisiens pour tenter d'identifier la taupe. Eric Dupond-Moretti fait partie de ces personnalités. Il dénoncera avant son entrée au gouvernement des méthodes de barbouzes avant de diligenter une enquête administrative contre ces mêmes magistrats une fois nommé au ministère de la Justice.

Soutenu par Emmanuel Macron

Alors au sein du gouvernement, les avis sont partagés. Entre d'un côté ceux qui dénoncent une cabale et une affaire politique et de l'autre par exemple cette ministre qui me disait il y a encore quelques jours, que les Français auraient du mal à comprendre qu'un garde des Sceaux soit maintenu à son poste en cas de mise en examen et surtout dans le climat actuel de défiance à l'égard de la Justice.

Mais Eric Dupond-Moretti dispose d'un soutien de poids, celui du Président. À deux reprises, déjà, Emmanuel Macron a soutenu publiquement son ministre appelant les juges à rester à leur place et au respect de la présomption d'innocence.

Jérémy Trottin avec Guillaume Descours