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"StalinCrack": passe d'armes entre Anne Hidalgo et le préfet de police de Paris sur les toxicomanes

Des consommateurs de crack à Stalingrad dans le nord de Paris

Des consommateurs de crack à Stalingrad dans le nord de Paris - AFP

Dans une lettre, Didier Lallement dénonce le "manque de concertation" entre les services de l'Etat.

Les Jardins d'Eole respirent, les toxicomanes continuent d'errer. Ce parc du nord-est parisien où les consommateurs de crack avaient été regroupés provisoirement, leur est désormais interdit d'accès depuis mercredi. 

La maire de Paris Anne Hidalgo, qui s'est rendue sur place mercredi matin, avait fixé à ce mercredi 30 juin la date butoir pour que ce parc "redevienne un jardin pour les riverains".

Mais si les Jardins d'Eole ont retrouvé leur quiétude, pas sûr que les toxicomanes aillent bien loin: la question de leur prise en charge reste entière après la décision d'Anne Hidalgo de chasser les consommateurs de crack de ce parc du nord-est parisien où ils ne cessent d'être déplacés. Le préfet de police de Paris, avait pourtant alerté Anne Hidalgo dans un courrier quelques jours avant cette fermeture: Didier Lallement s'inquiétait du retour des toxicomanes dans les rues du quartier.

"Je prends acte de votre décision de mettre fin au dispositif Eole le 30 juin sans concertation avec les services de l’Etat" écrit le préfet de police de Pari,s le 25 juin dernier avant de mettre en garde Anne Hidalgo qu’une fois le jardin fermé, "les toxicomanes vont de nouveau se disséminer dans le quartier".

Une situation qui se confirme depuis la fermeture du jardin d’Eole rapportent plusieurs riverains. Dans sa lettre, Didier Lallemant propose même un lieu alternatif pour accueillir les toxicomanes. Une place située dans le 19ème arrondissement de Paris et évoque la présentation d’un dispositif policier dès le 30 juin pour sécuriser le quartier dès qu’un accord sera trouvé sur un nouveau lieu d’installation des consommateurs de crack.

Mais à ce stade la mairie de Paris ne propose aucune autre solution. "On revient au point de départ… tout ça pour ça", regrette une source policière parisienne, alors que bon nombre d’habitants déplorent le retour des nuisances depuis déjà 2 nuits.

Jean-Baptiste Bourgeon avec XA