RMC

Stratégie du black bloc: "Un certain nombre de personnes refusent les limites qui pouvaient exister"

Attendus en nombre, les black blocs veulent s'immiscer dans la manifestation parisienne du 1er-Mai. Un véritable casse-tête pour les forces de l'ordre qui comptent mettre en place leur nouvelle stratégie.

Infiltrés dans les manifestations, les blacks blocs n'ont aucune hiérarchie, aucun chef. Ils se forment à l'avant des cortèges, unis autour d'un mode d'action commun pour attaquer les symboles du capitalisme.

"Ils cassent parce qu’ils veulent éveiller sur les méfaits du capitalisme. Il y a des personnes derrière qui viennent piller, mais ce ne sont pas les mêmes personnes", explique Sylvain Boulouque enseignant-chercheur à l’université de Reims et spécialiste des mouvements radicaux.

"Évolution"

Jusqu'à présent les black blocs ciblaient vitrines de luxe, banques et forces de l'ordre, mais récemment des incendies dans des immeubles d'habitations et une montée des violences ont inquiété ce spécialiste.

"Il y a eu une évolution du black bloc. On a un certain nombre de personnes qui se sont agrégées et qui venaient des "gilets jaunes", qui refusent les limites qui pouvaient exister auparavant qui étaient des limites morales comme atteindre à la vie des gens", craint-il.

Sous les capuches noires, un noyau dur composé de profils très variés, étudiants ou encore ouvriers, toujours très mobiles et parfaitement dissimulés: "C'est un mouvement transgénérationnel avec autant d'hommes que de femmes (...) Ils s'immiscent dans le cortège de tête avec l'empathie des manifestants", ajoute Sylvain Boulouque. Et leur stratégie est un véritable casse-tête pour les forces de l'ordre.

"Un test grandeur nature" pour la nouvelle doctrine des forces de l'ordre

"Quelque soit les méthodes policières qui ont été employées, quand ils ont décidé de casser et de faire un coup d’éclat, ils ont réussi à le faire. Pourquoi ? Parce que quand vous avez une nébuleuse de 1000-1500 personnes qui cassent, si vous faites agir les forces de l’ordre là-dessus, vous êtes à peu près certain qu’il y aura un bilan humain au moins avec des blessés", explique David Le Bars secrétaire général du syndicat des commissaires.

Toute repose alors sur la nouvelle doctrine des forces de l'ordre plus mobile et plus agressive que lors du 1er-Mai dernier. Saura-t-elle limiter la casse et disperser les black blocs ? "Ce sera un test grandeur nature" confie une source policière.

Jean-Baptiste Bourgeon (avec Guillaume Dussourt)