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Trafic d'hormones dans le milieu culturiste marseillais: jusqu'à trois ans de prison

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Des peines allant de quatre mois de prison avec sursis à deux ans d'emprisonnement ferme ont été prononcées contre quinze coprévenus, falsificateurs d'ordonnances et collecteurs de carte Vitale.

L'organisateur d'un trafic d'hormone de croissance au sein du milieu du culturisme marseillais a été condamné mardi à trois ans de prison, notamment pour exercice illégal de la pharmacie et escroquerie au préjudice de la sécurité sociale. Un mandat d'arrêt a été émis contre cet homme âgé de 32 ans, client très régulier d'une salle de fitness marseillaise, qui ne s'était pas présenté devant le tribunal. Il a également écopé d'une amende de 10.000 euros.

Par ailleurs, des peines allant de quatre mois de prison avec sursis à deux ans d'emprisonnement ferme ont été prononcées contre quinze coprévenus, falsificateurs d'ordonnances et collecteurs de carte Vitale destinées à se faire délivrer les prescriptions frauduleuses.

Deux réseaux différents s'étaient fait remettre par des pharmaciens des Bouches-du-Rhône des centaines de boites d'Umatrope sur la base d'ordonnances vierges dérobées dans le bureau d'une endocrinologue de l'Hôpital Nord à Marseille ou dans celui d'un oncologue d'un hôpital privé. 

Très recherché par les culturistes soucieux de développer leur masse musculaire et leur densité minérale osseuse, cette hormone de croissance est vendue en pharmacie de 188 à 720 euros la boîte, selon le dosage. Une consommation excessive et prolongée peut entraîner des complications graves comme des tumeurs thyroïdiennes, du diabète ou des déformations morphologiques.

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"Ces trafics de médicaments en bande organisée minent notre système de santé performant"

Un agent d'entretien de l'Hôpital Nord, auteur des vols d'ordonnances vierges, a été condamné à deux ans de prison dont dix-huit mois assortis du sursis. Il avait reconnu agir à la demande de l'instigateur du principal réseau. Un second réseau avait été mis au jour grâce à l'intervention d'un pharmacien étonné de voir un haltérophile lui présenter une prescription d'hormone de croissance faite par un spécialiste du cancer.

Les prévenus avaient contesté se livrer à une revente mais la collecte de centaines de boites n'était pas, selon l'accusation, compatible avec une consommation personnelle.

Dans ses réquisitions, le parquet du pôle de santé publique du tribunal judiciaire de Marseille avait mis l'accent sur la gravité de ces agissements, d'un point de vue économique comme sanitaire. "Ces trafics de médicaments en bande organisée minent notre système de santé performant", avait relevé la procureure lors des débats.

Le tribunal a condamné les prévenus à verser plus de 340.000 euros à la Caisse Primaire Assurance Maladie des Bouches-du-Rhône en réparation de son préjudice financier et 5000 euros au Conseil national de l'ordre des pharmacies qui s'étaient constitués partie civile.

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La rédaction avec AFP