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Trois homicides en un week-end: comment expliquer le regain de violences à Marseille

Un nouveau jeune a été tué par balles ce dimanche à Marseille. C'est le dixième homicide en un mois dans la cité phocéenne. Comment expliquer ce regain de violence ?

Trois homicides ce week-end, 10 depuis un mois, Marseille connaît depuis la fin juin, un regain de violences sur fond de trafic de stupéfiants et de règlements de compte. Dernier homicide en date, un jeune homme d'une vingtaine d'années tué par balles dimanche en pleine rue. Sa mort fait suite à deux autres, elles aussi par balles, vendredi et samedi dernier dans deux quartiers différents de la cité phocéenne.

Dans la majorité des cas, ces homicides sont liés aux trafics de stupéfiants. Bien sûr, rien de nouveau. Cela fait des décennies que Marseille est touché par les rivalités entre dealers.

Mais de nouvelles pratiques pourraient expliquer cette flambée de violence. Selon un syndicat de police à Marseille, pour des raisons de confort et de sécurité, les acheteurs se déplaceraient moins dans les quartiers. Les dealers livreraient donc plus régulièrement chez le consommateur quitte à sortir de leur zone habituelle.

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"C'est sans foi ni loi"

"Cette montée de violences est due essentiellement par une reprise de territoire sur fond de stupéfiants", assure à RMC Bruno Bartoccetti, syndicaliste policier et délégué zonale sud unité SGP FO.

"Il y a beaucoup de mobilité en matière de vente de stupéfiants. On a les cités des quartiers nord d'où les trafiquants n'hésitent plus à se déplacer dans le sud pour conquérir des territoires", ajoute-t-il.

Une plus grande mobilité qui provoque des guerres de territoire et des conflits qui se règlent souvent par les armes. Armes à feu qui seraient également de plus en plus présentes et de plus en plus souvent utilisées à Marseille. Les comptes se règlent parfois à l'arme lourde, à la kalachnikov. Les dealers, qui n'ont parfois pas 20 ans, n'hésitent plus à s'en servir quel que soit le conflit à régler. Et Bruno Bartoccetti l'assure, même un trafic de cigarette peut désormais finir sous les balles: "C'est sans foi ni loi avec des règles très approximatives chez ces voyous".

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Maxime Lévy (avec Guillaume Dussourt)