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Violences sexuelles: elles choisissent l'escrime comme thérapie

Le nombre des violences sexuelles enregistrées a bondi depuis le début de l'année, avec une hausse de 23,1%. L'association Stop aux Violences Sexuelles vient en aide aux victimes en utilisant l'escrime comme thérapie.

L'association Stop aux Violences Sexuelles organise chaque année un parcours de soins pour les personnes victimes d'agression. La pratique de l'escrime est utilisée comme thérapie pour combattre le traumatisme.

C’est dans une salle de sport du 15ème arrondissement que s’est donnée rendez-vous une dizaine d’hommes et de femmes. Des personnes victimes d’agressions sexuelles.

"La confiance, les positions d’attaque ou défense"

Parmi eux, Charlotte. Masque de protection sur le visage et sabre dans la main droite, la jeune femme se lance. Le parcours de soins imaginé par l’association mélange pratique de l’escrime et entretien avec des thérapeutes. Et c’est ce qui plait à Charlotte.

"On peut vraiment dériver beaucoup de parallèles notamment pour des thèmes comme les fondations, la confiance, les positions d’attaque ou défense".

"A la fin des séances, elles sont ouvertes au monde"

Une séance par mois est organisée avec des groupes réduits, de 8 à 10 personnes. Philippe, le maître d’armes constate une évolution importante chez ses élèves tout au long du stage.

"On a une grosse évolution sur ces personnes. On le voit sur leur visage. Ils arrivent en première séance complètement fermés et au bout du dixième atelier, à la fin des séances, elles sont ouvertes au monde, elles sourient, elles sont joyeuses, elles se remaquillent".

"L’escrime, c’est l’art de la bonne distance"

Utiliser l’escrime comme thérapie, ça peut surprendre. Et pourtant, pour Violaine Guérin, qui est à l’initiative du projet, ce sport est un véritable outil de reconstruction.

"L’escrime, c’est l’art de la bonne distance et quand on a été victime de violences sexuelles, on a été envahi. On peut aussi justement ne plus du tout entrer en contact, on a perdu toutes les notions de distance donc là, c’est extrêmement important".

Ces ateliers sont accessibles aux femmes mais également aux hommes à Paris, Tours, Bordeaux, Marseille et Antibes notamment. 

Jordan Ollivier (avec C.P.)