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Policiers en colère: "Nous perdons notre temps à travailler toujours sur les mêmes délinquants"

Olivier Boisteaux

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Alors que policiers et commissaires manifesteront ce mercredi devant tous les palais de justice de France, Olivier Boisteaux, président du SICP (Syndicat indépendant des commissaires de police), est venu justifier ce mouvement dans Bourdin Direct ce mardi sur RMC.

Le gouvernement face à la colère des policiers et des commissaires. Pour la première fois depuis 2001, l’ensemble des syndicats de policiers, tous corps confondus (des gardiens de la paix aux commissaires) appellent à manifester devant le ministère de la justice, place Vendôme, ce mercredi, et devant les palais de justice dans le reste de la France. Un rassemblement pour dénoncer "d’incohérentes décisions de justice": "Nous sommes confrontés au quotidien à des décisions de justice qui nous paraissent totalement inadaptées, notamment sur la problématique des multirécidivistes", confirme ce mardi sur RMC, Olivier Boisteaux, président du SICP (Syndicat indépendant des commissaires de police).

"Engager une véritable réflexion sur les sanctions"

Si la fusillade en Seine-Saint-Denis de la semaine dernière est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, Olivier Boisteaux rappelle que les forces de l'ordre "sont sans cesse confrontées à des délinquants qui ont commis de multiples infractions. Nous perdons notre temps à travailler en permanence sur les mêmes délinquants. Et les magistrats aussi donc à un moment où un autre il faut engager une véritable réflexion sur les sanctions prononcées à l'endroit de ces personnes extrêmement dangereuses et sur l'application des peines qui s'en suivent".

La semaine dernière, Christiane Taubira a indiqué "envisager la mise en place d'escortes pour certains détenus en permission, y compris pour des motifs de maladie grave ou de formalité administrative suite à un décès". Pour Olivier Boisteaux, "ceci n'a absolument aucun sens. Alors que nous sommes dans une période antiterroriste où il y a un empilement de missions qui épuisent tous nos services, il faudrait en plus que l'on fasse les gardes du corps des permissionnaires? Ça n'a aucun sens".

'Ne pas prendre de décisions trop radicales"

S'il conçoit que "la justice et la police doivent travailler main dans la main", il estime tout de même que "certains magistrats doivent prendre conscience de la dangerosité de certains délinquants. Les plus dangereux d'entre eux doivent être neutralisés le plus longtemps possible". De là à supprimer les permissions de sortie? "Non, il ne faut jamais être trop excessif, il ne faut jamais prendre de décisions trop radicales, assure le président du SICP. Ces permissions doivent pouvoir être accordées à des primo-délinquants, à ceux qui ne représentent pas un véritable danger, tant pour nos concitoyens que pour nos collègues, pour autant il faut les limiter pour les délinquants les plus dangereux".

Et de conclure: " Nous avons le devoir d’être solidaires avec nos collègues du terrain d'autant plus qu’en ce moment les agents sont épuisés par le plan Vigipirate. On n'a donc pas besoin d'être en plus amenés à travailler 10 ou 15 fois sur un même délinquant parce que la justice n'a pas été capable de l'empêcher de nuire".