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A Hayange, le maire FN va se représenter malgré un bilan contrasté

S'il a convaincu ses administrés, son mandat comporte quelques zones d'ombre comme le départ de trois de ses adjoints peu après son élection ou encore le taux de chômage dans la ville qui reste très élevé.

"Des villes au service des Français". C'est le slogan de la convention du Rassemblement national en vue des élections municipales qui aura lieu ce dimanche à la maison de la Chimie à Paris. L'occasion de faire le bilan de l'action des maires Rassemblement national dans les villes qui ont basculé du côté du parti de Marine le Pen lors des dernières municipales de 2014.

Une dizaine de municipalités parmi lesquelles Hayange, en Moselle, ville de 16 000 habitants, symbole des Hauts Fourneaux d'Arcelor Mittal. Là-bas, c'est Fabien Engelmann qui avait été élu en 2014, à 34 ans, deux ans après avoir été exclu de la CGT.

Toutes les semaines, Fabien Engelmann reçoit ses administrés dans l'une des quatre mairies annexes d'Hayange. La proximité avec les habitants, première qualité du maire RN selon les habitants. "C’est un très bon maire, il est réactif. Quand j’ai ouvert la pizzéria j’ai été le voir et il m’a dit qu’il n’y avait aucun souci et si j’en ai un je sais que je pourrais le contacter", affirme l’un d’eux. "Quand on est seul à Noël, c’est lui qui vous invite à manger", ajoute un autre. 

Bilan de ce premier mandat. Des travaux de voirie, un effort sur la propreté des rues et une navette à disposition des personnes âgées pour leurs déplacements quotidiens. Mais Fabien Engelmann n'a pas réussi à enrayer le taux de chômage autour de 13% depuis 5 ans. Mais le maire renvoie la balle à l'Etat.

"Ça, c’est une affaire qui est d’ordre nationale. D’ailleurs, je me demande ce que je fais le gouvernement pour faire baisser significativement le chômage", indique le maire. 

Le Secours populaire black-listé 

Un mandat également marqué par le départ fracassant de trois de ses adjoints un mois seulement après l'élection en 2014. L'un d'entre eux s'appelle Patrice Hainy. Il a depuis rejoint l'opposition.

"Soit tu es d’accord, soit tu te casses. Il n’accepte pas la contestation. Ça a commencé à avoir des mensonges, des chasses aux sorcières. J’avais l’impression qu’il fallait lever le bras pour dire oui et point barre", indique-t-il. 

Depuis 2016, le maire est aussi parti en croisade contre le Secours populaire jugée trop pro-migrant. La présidente de l'antenne locale de l'association caritative Anne Duflot-Allievi. "On a plus aucune subvention. On a plus le droit de participer à des manifestations. On n’existe pas il nous a même rayé du livre des associations. On a le droit à rien", affirme-t-elle. 

Fabien Engelmann a d'ailleurs saisi la justice pour expulser le Secours populaire du local municipal qu'il occupe. Débouté en première instance. Le maire a fait appel. 

Pierrick Bonno avec Guillaume Descours