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Accusations contre Eric Coquerel: ce que l’on sait de l’affaire

Nouveau président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Eric Coquerel est accusé de "comportements déplacés" par une militante. Dans "Apolline Matin" ce lundi sur RMC et RMC Story, Nicolas Poincaré a expliqué cette affaire.

Une femme a annoncé ce dimanche avoir saisi les instances de La France insoumise. Elle dénonce des comportements inacceptables d’Eric Coquerel, le député de Seine-Saint-Denis, qui vient d'être élu président de la commission des finances à l’Assemblée nationale, et qui dément formellement ces accusations…

Que sait-on de cette affaire ? Elle s’est développée parallèlement à l'élection d’Eric Coquerel à la présidence de la commission des finances.

Tout a commencé mardi dernier, alors que les députés de gauche devaient décider de qui serait leur candidat. Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS, s’est interrogé sur la candidature d'Eric Coquerel, rappelant que des rumeurs circulaient sur lui et sur un possible comportement inapproprié vis-à-vis des femmes.

Deux responsables de la France Insoumise, Clémentine Autain et Manuel Bompard, ont balayé ces interrogations en expliquant que ces rumeurs n’étaient pas “circonstanciées”. Et la candidature a été validée.

Jeudi, Eric Coquerel a donc été élu à la tête de cette commission très stratégique à l’Assemblée, et le soir même l’affaire a publiquement éclaté. L’écrivaine et féministe Rokhaya Diallo a fait part sur RTL de son “incompréhension”. Elle a dit avoir plusieurs sources au sein de La France insoumise, qui dénoncent de façon récurrente le comportement d'Éric Coquerel avec les femmes.

Ce week-end, sur BFMTV et dans une tribune dans le Journal du dimanche, Éric Coquerel a répondu à ces accusations. Il conteste ce qu’il qualifie de rumeur infondée à son égard. “Je n’ai jamais eu de ma vie quelque chose qui pourrait s’apparenter à un comportement de harcèlement, d’agression ou de viol”, dit-il. Il note que ces rumeurs circulent depuis des années et que rien n’est jamais sorti parce qu’il n’y avait aucun témoignage qui l'incriminait.

Sauf que dimanche, finalement, une femme a fait savoir qu’elle allait témoigner. Elle s’appelle Sophie Tissier, c’est une militante qui défend les intermittents du spectacle, proche des gilets jaunes, très hostile aux pass sanitaires sur le Covid.

Son histoire, elle l’avait racontée de façon anonyme dès 2018, dans le magazine Causette. Puis elle l’a redite à Mediapart samedi.

Les faits qu’elle dénonce remontent à 2014. Lors d‘une soirée pendant l'université d’été du Parti de gauche à Grenoble, Eric Coquerel aurait eu la main baladeuse. Il l’aurait fait danser en la prenant par la taille et il aurait continué alors qu’elle lui avait demandé d'arrêter. Toujours selon ce récit, Eric Coquerel lui aurait également envoyé des SMS "insistants".

Dans une interview à Mediapart, Sophie Tessier précisait toutefois samedi que ce n’était pas une agression, et que c’est pour cette raison qu’elle n’avait pas saisi La France insoumise, parce qu’elle jugeait que ce n’était pas suffisamment grave.

Eric Coquerel traité de "porc"

Depuis, elle semble avoir changé d’avis. Sur BFMTV dimanche soir, elle a présenté les faits comme étant plus graves que ce qu’elle disait la veille, parlant des assauts qu’elle avait subis, traitant Eric Coquerel de “porc”.

Elle a indiqué avoir déposé une pré-plainte en ligne et elle a dit envisager de déposer une plainte formelle. Ce qui pourrait changer le cours de l’affaire. Parce qu’Eric Coquerel a parié dimanche qu’il n’y aurait pas de plainte. Et parce que tous ceux qui l’ont défendu au sein de La France insoumise, y compris Jean-Luc Mélenchon, soulignaient qu’il n’y avait que des rumeurs, aucun témoignage, aucun signalement, aucune plainte.

C'était le principal argument par exemple de Sandrine Rousseau, qui a défendu Eric Coquerel alors qu’elle demande la démission de la ministre du Développement, Chrysoula Zacharopoulou, gynécologue visée par des plaintes de ses anciennes patientes.

La députée écologiste expliquait que dans un cas, il y a des plaintes, mais pas dans le cas d'Éric Coquerel. Ce qui était vrai jusqu'à ce week-end, mais qui risque de ne plus l'être…

Sandrine Rousseau, finalement, semble donner du crédit à l’accusatrice d'Eric Coquerel puisque dimanche soir elle a estimé que ce qu’elle décrit est exactement ce qui décourage les femmes de militer, “être ramenée à un corps”. Et elle conclut : "Nos organisations politiques sont sexistes".

Nicolas Poincaré