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Jordan Bardella craint qu'Eric Coquerel utilise son poste "pour faire du contrôle fiscal"

Le président du Rassemblement national Jordan Bardella explique sur RMC qu'il craint qu'Eric Coquerel, le nouveau président de la puissante commission des Finances de l'Assemblée nationale, n'utilise son poste pour "faire du contrôle fiscal".

Jordan Bardella a-t-il peur d'Eric Coquerel? Le président du Rassemblement national a déploré l'élection du député de La France insoumise à la tête de la commission des Finances de l'Assemblée nationale. Invité de RMC, l'eurodéputé a tiré à boulets rouges sur Eric Coquerel avant de s'inquiéter des pouvoirs qui lui sont désormais conférés par sa position:

"C'est l'aile gauche de l'extrême-gauche, c'est quelqu'un qui marchait avec le CCIF en novembre 2020 (Collectif contre l'islamophobie en France, une organisation dissoute le même mois de la même année), où on criait 'Allah Akbar' avec des islamistes à 100 mètres du Bataclan, c'est quelqu'un qui incarne vraiment la branche islamo-gauchiste de l'Assemblée nationale", a-t-il lancé ce vendredi sur le plateau des "Grandes Gueules".

"Il y a des patrons très inquiets de voir la Nupes prendre des responsabilités aujourd'hui"

Quant à la nomination d'Eric Coquerel à la tête de la commission des Finances, lui conférant le pouvoir d'accéder aux déclarations fiscales de tous les Français et de toutes les entreprises françaises, Jordan Bardella a confessé avoir peur: "Je pense que la volonté de La France insoumise, c'est la destruction de l'Etat. De ce point de vue, c'est d'empêcher le bon fonctionnement des institutions, et d'utiliser ce poste-là pour aller faire du contrôle fiscal".

"Il y a beaucoup de patrons qui ne comprennent pas et qui sont très inquiets de voir la Nupes prendre des responsabilités aujourd'hui", a ajouté l'eurodéputé.

Le prédécesseur d'Eric Coquerel à la tête de la Commission des Finances Eric Woerth (Renaissance, ex-LR), avait fait part des mêmes craintes il y a une semaine, s'inquiétant de voir le député insoumis de vouloir "faire du contrôle fiscal".

Juste après son élection, Eric Coquerel a balayé d'un revers de la main ces accusations: "Je compte faire en sorte que cette commission soit un lieu où l'on débatte plus du fond que du buzz. Cette commission participe à l'élaboration de la loi de finances mais aussi au contrôle de l'exécution du budget", a assuré l'élu.

Le Rassemblement national très remonté contre Les Républicains

Jordan Bardella en a aussi profité pour dénoncer le "non-respect de l’usage républicain" dans la nomination du président de la Commission des finances. Le président du Rassemblement national a déploré le rôle des députés Les républicains qui ont choisi de retirer leur candidat au profit d'Eric Coquerel désormais donc à la tête de la très puissante commission des Finances:

"On s'est retrouvé avec une lâcheté inouïe de la part de la droite. Les LR tremblent devant le politiquement correct. Ils ont plus peur de croiser Sandrine Rousseau dans les couloirs de l’Assemblée nationale que de leurs propres électeurs. Je suis triste pour les électeurs de LR qui voient leurs représentants préférer l’extrême-gauche. La présidence de la Commission des finances doit revenir au premier groupe d’opposition et le premier groupe d’opposition, c’est le Rassemblement national", a-t-il lancé.

Jeudi à l'Assemblée nationale, l'élection du président de la commission des Finances. Après la victoire d'Eric Coquerel, les élus du Rassemblement national s'en sont pris à leurs collègues des Républicains, dénonçant le retrait du candidat de droite Charles de Courson:

"L’extrême-gauche la plus sectaire et la plus radicale a été élue à la tête de la commission des Finances grâce à la droite, qui une nouvelle fois a fait preuve de lâcheté", avait déploré Marine Le Pen dans la foulée.

Guillaume Dussourt