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Alliance Jadot-Hamon? "Nous ne sommes pas les supplétifs du PS", assure David Cormand (EELV)

Candidat désigné par la primaire écologiste, Yannick Jadot pourrait rejoindre sous peu la campagne de Benoît Hamon. Invité de Jean-Jacques Bourdin, David Cormand, secrétaire national EELV, pose les conditions d'une éventuelle alliance ce jeudi sur RMC.

A quelques semaines du premier tour de l'élection présidentielle, à gauche, tout semble encore possible. Depuis la victoire de Benoît Hamon à la primaire, les discussions autour d'un rassemblement entre le candidat socialiste, Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et Yannick Jadot (EELV) se multiplient. Et c'est surtout avec le candidat écologiste que les négociations semblent les plus poussées. Ce mercredi, dans une interview à Libération, Cécile Duflot appelait même à un rassemblement rapide autour de Benoît Hamon.

Une décision dans deux semaines

"Il y a des échanges, confirme ce jeudi sur RMC, David Cormand, secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts. Mais il n'y aura pas de ralliement de qui que ce soit à qui que ce soit. Aujourd'hui, trois candidatures ont choisi de mettre l'écologie au cœur de leurs propositions présidentielles: Yannick Jadot, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon. Dès lors, soit on perd séparément comme des idiots, soit on essaye de faire gagner l'écologie ensemble, comme des frères. C'est ça la question qui se pose".

"A la fin du mois de février, les écologistes d'EELV auront à prendre une décision, souligne-t-il. Soit l'on considère que les conditions de confiance sont réunies et à ce moment-là cela vaut le coup d'avancer, soit ce n'est pas le cas, et alors on présentera une candidature à la présidentielle."

"Les participants à la primaire socialiste ont dit qu'ils voulaient solder le quinquennat de Hollande, cela nous convient car cela fait trois ans qu'on le dit, argumente encore David Cormand. Ils ont aussi dit qu'il fallait faire de l'écologie. Ça tombe bien, on est écolos".

"Le plus important est que l'écologie gagne"

"Effectivement, nous négocions des circonscriptions pour les législatives. Pour autant nous ne sommes pas les supplétifs du PS, assure le secrétaire national EELV. Certes, nous avons participé au gouvernement mais lorsque celui-ci n'a plus parlé d'écologie, nous en sommes partis. Je n'appelle donc pas ça être supplétif. On est petits mais on est très cohérents sur la ligne à défendre. Cependant, pour moi, le sort du parti est secondaire. Ce qui est important, c'est que l'écologie gagne. Donc si je vois qu'en 2017 nous avons une opportunité historique, avec l'ensemble des candidats progressistes (Mélenchon, Jadot et Hamon)qui veulent faire de l'écologie, alors il sera préférable de rassembler plutôt que de fracturer".

"Le plus probable aujourd'hui est qu'il y ait un bulletin Jadot à la présidentielle parce que rassembler demeure compliqué, certifie toutefois David Cormand. A l'heure actuelle, nous sommes à 400 promesse de parrainages. Je veux que nous puissions avoir le choix. Mais je ne veux pas raconter des bobards aux maires qui nous soutiennent. C'est pour cela que, à la fin du mois de février, au moment où il faudra transformer les promesses de parrainages en parrainages effectifs, nous dirons la réalité des choses."

"S'il s'agit de monter dans le bus diesel pourri du PS, on n'ira pas"

"Pour tout éventuelle alliance, il y a quatre piliers indispensables à respecter, explique le secrétaire national EELV. Tout d'abord la refondation de l'Europe. Il faut la réinventer en renégociant les accords européens pour permettre à l'Europe de faire ce qu'elle doit faire: de la politique sous contrôle démocratique. Il faut aussi une transition énergétique avec la question de la sortie du nucléaire. Il y a aussi la question des perturbateurs endocriniens et du zéro pesticide. Enfin, il faut un changement institutionnel et notamment la proportionnelle intégrale".

"En revanche, ce qui peut nous séparer, et pas seulement avec Benoît Hamon, c'est le poids des appareils, expose encore David Cormand. Ma conviction est que, pour 2017, il y a une volonté des Français d'en finir avec les partis politiques. Donc s'il s'agit de monter dans le bus diesel pourri du PS, on n'ira pas. S'il s'agit d'inventer autre chose, nous le ferons parce que c'est notre responsabilité".

Maxime Ricard avec Jean-Jacques Bourdin