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Assouplissement des 80km/h sur certaines routes: des députés dénoncent une "France à deux vitesses"

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Le Premier ministre Edouard Philippe avait indiqué que l'abaissement de la vitesse devait permettre de sauver "300 à 400 vies par an". Finalement l'Assemblée nationale a voté un assouplissement de cette loi.

Moins d’un an après l’entrée en vigueur de la limitation à 80km/h sur les routes secondaires, l’Assemblée nationale a voté jeudi soir un assouplissement de cette mesure. Un retour en arrière prévu depuis plusieurs semaines déjà. Face au tollé que cet abaissement de la vitesse a provoqué chez les automobilistes, motard et élu, le Premier ministre, Edouard Philippe a fait machine-arrière mi-mai. "Si les présidents de conseils départementaux souhaitent prendre leurs responsabilités, je n'y vois aucun inconvénient", avait-il notamment déclaré. 

Cependant, pour certains détracteurs, cet assouplissement n’en est pas vraiment un. L'arrêté devra, en effet, être pris "après avis de la commission départementale de la sécurité routière, sur la base d'une étude d'accidentalité portant sur les sections de routes concernées". 

"Risque d’aggraver la fracture territoriale"

Mais ce sont les présidents de départements qui prendront la décision finale ainsi que les maires, mais en aucun cas les préfets. Cela signifie que seules certaines portions de routes départementales pourront revenir à 90km/h

"C’est un assouplissement en trompe l’œil. Les routes nationales bidirectionnelles sans séparateur central continueront d’être limité à 80km/h. Ce qui, pour un certain nombre de département dont le mien, le Cantal, c’est-à-dire les départements les plus enclavés qui n’ont pas la chance d’avoir des routes nationales à deux fois deux voies, ils vont se retrouver condamnés à rouler à 80km/h. La majorité a réellement fait le choix d’une France à deux vitesses et a pris le risque d’aggraver la fracture territoriale", dénonce Vincent Descoeur, député Les Républicains. 

D’autres députés ont estimé qu’avec ce vote, la majorité renvoyait la patate chaude aux maires en se défaussant de responsabilité. 

Benoît Ballet avec Guillaume Descours