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Comment l'affaire Quatennens a fracturé La France insoumise

L'affaire Adrien Quatennens laisse encore des traces au sein de La France insoumise. Car entre ceux qui l'ont soutenu et ceux qui voulaient son éviction, la fracture semble définitive.

Les plaies de l'affaire Quatennens sont encore à vif chez La France insoumise. Adrien Quatennens pourrait ne pas revenir à l'Assemblée nationale la semaine prochaine, officiellement pour raison médicale. Mais la situation au sein du groupe LFI est telle qu’un pilier du mouvement explique que la suspension du groupe d'Adrien Quatennens après le mois d'avril, fin théorique de sa mise à l'écart, n'est plus un tabou. "Si une majorité du groupe veut rouvrir le sujet, nous le ferons, nous ne sommes pas une caserne", promet ce membre de la direction, qui conseille d'ailleurs à Adrien Quatennens, aujourd'hui député non inscrit, de revenir "de manière cadencée" à l'Assemblée.

Ce qui bloque toujours, c'est la défense médiatique du proche de Jean-Luc Mélenchon. Une stratégie de communication qui affaiblissait son épouse et qui interroge. "On se demande si Adrien n'a pas été trahi par ses proches", "s'ils n'ont pas voulu le flinguer", confient plusieurs députées.

Jean-Luc Mélenchon face aux frondeurs

Cette affaire a fracturé encore un peu plus LFI. Au-delà des commentaires sur l'affaire Quatennens, deux clans s'affrontent désormais dans le mouvement. Celui de l'entourage de Jean-Luc Mélenchon, contre les évincés de la direction, Clémentine Autain, François Ruffin, Alexis Corbière, ou Raquel Garrido notamment. Un groupe qualifié en interne de frondeurs et qui fera pour la première fois un meeting commun en février contre les retraites à Bobigny. Pour LFI, c'est déjà une petite révolution.

Car ce qui se joue derrière tout ça, c’est déjà 2027 en réalité. Avec d'un côté, le clan Mélenchon qui est accusé de verrouiller le mouvement en vue de la prochaine campagne présidentielle. De l'autre, les nouveaux frondeurs qui souhaitent proposer une nouvelle tête d'affiche dans quatre ans. "Mais Jean-Luc s’est remis sur le cheval et il écarte ceux qui pourraient être sur son passage", explique une de ces frondeuses. "Il est très silencieux, mais vous verrez, il va jouer le grand seigneur, le sage…", pronostique une dissidente.

Jean-Luc Mélenchon dont la rentrée politique la semaine prochaine est, dans ce contexte, très attendue.

Jérémy Trottin