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Comment le gouvernement tente de convaincre les oppositions pour le sulfureux vote du budget

Le ministère de l'Economie et des Finances a reçu ce mardi des députés de tous bords pour préparer les discussions parlementaires concernant le budget.

Les dialogues de Bercy ont commencé ce mardi. Une discussion entre parlementaires et gouvernement, avec l'espoir d'avancer sur le budget. Tous les groupes parlementaires étaient conviés au ministère de l'Economie pour échanger avec les ministres Bruno Le Maire et Gabriel Attal. Trois heures de discussions sur le budget et l'exécutif a tout fait pour ne pas brusquer ses invités.

"On a été très bien accueilli", raconte un des LR présents. "On a tous pu s'exprimer assez longuement" se satisfait un parlementaire RN. Exprimer notamment des inquiétudes, par exemple sur la croissance moins forte que prévu, sur le déficit, ou encore sur la réforme des retraites. Mais tous les participants reconnaissent des discussions assez générales, sans annonce précise.

Ce qui a le don d'agacer un des représentants socialistes: "On nous a fait une présentation de budget pour des enfants de 6e", râle l'élu. Malgré cela, tous les groupes se disent prêts à revenir à la table des discussions pour la deuxième séance jeudi.

Pour le gouvernement, l'enjeu est stratégique: montrer son ouverture au dialogue. Et pouvoir rejeter la faute sur les oppositions en cas d'utilisation du 49.3 pour adopter le budget.

Les parlementaires restent très méfiants après ce premier round

"Ça ne change rien sur le fond !", s'exclame un élu RN, toujours hostile au budget du gouvernement. "On pourra peut-être arracher certaines dispositions... Mais les marges sont très étroites" ajoute-t-il.

"Ça vaut toujours le coup d'aller à Bercy pour dire ce qu'on pense" admet un socialiste. "Mais ça peut vite tourner à l'enfumage des oppositions. On est plutôt sur un Monologue de Bercy pour l'instant" grince ce député. Un insoumis se fait lui peu d'illusions sur l'issue de ces rencontres: "On n'a pas le sentiment de peser dans leur réflexion. Ça risque de devenir une perte de temps".

Le gouvernement a tout de même laissé une porte ouverte. Selon les élus présents, le gouvernement est prêt à examiner des propositions sur les droits de succession. Une thématique chère à la droite. Et pour la Nupes, c'est sûr, cette petite phrase est une perche tendue au groupe LR. "Ça ne m'étonne pas, le gouvernement essaie de faire un deal avec eux, à minima pour qu'ils s'abstiennent sur le budget", estime un député LFI.
Un accord qui permettrait à l'exécutif de se passer du 49.3.

"C'est cousu de fil blanc", renchérit un membre du RN, qui rappelle qu'un changement des droits de succession faisaient partie du programme du candidat Macron. "Et Les Républicains seraient prêts à jouer à ce jeu-là ? Ils seraient plus macronistes que Macron !" tacle ce soutien de Marine Le Pen. Alors côté LR, on s'empresse de désamorcer: "Ce n'est pas le gouvernement qui va choisir nos combats", tranche un parlementaire.

Romain Cluzel (édité par J.A.)