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Retraites: la mise en garde des syndicats contre toute mesure "cachée" du gouvernement

Comme le révélait le service politique de RMC dans les "indiscrets" de ce lundi 12 septembre, le gouvernement n'écarterait pas en interne de de rallonger l'année de départ à al retraite dans le vote du budget de cette année 2022. Les syndicats sont en état d'alerte.

Alerte rouge au niveau de la colère sociale. Dans un contexte de rentrée déjà tendu en raison de l'inflation, les syndicats ont unanimement mis en garde lundi le gouvernement contre toute mesure sur les retraites qui serait glissée lors des débats budgétaires cet automne, soulignant que cela provoquerait leur mobilisation et leur retrait des concertations sociales voulues par l'exécutif.

Le ministre du Travail, Olivier Dussopt, et la ministre déléguée à la Formation professionnelle, Carole Grandjean, ont réuni lundi les partenaires sociaux pour leur présenter leur "feuille de route" du quinquennat. Interrogés à la sortie, les syndicats ont indiqué qu'Olivier Dussopt ne s'était pas avancé sur le calendrier de la réforme, renvoyant à la publication jeudi du rapport du Conseil d'orientation des retraites (COR). Le ministre a plutôt évoqué les sujets d'emploi des seniors, d'évolution du travail et de pénibilité.

"Dangereux"

"Le rapport du COR devrait être l'alpha et l'oméga" du gouvernement, en a déduit Jean-François Foucard (CFE-CGC). Mais si le gouvernement décidait, à la suite de ce rapport, d'introduire dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale une mesure d'âge "cachée" comme une "accélération de la réforme Touraine", "cela serait dangereux et entraînerait une forte mobilisation, des manifestations et des grèves", a prévenu Michel Beaugas (FO). La réforme Touraine de 2014 augmente progressivement la durée de cotisation pour atteindre 43 ans pour les personnes nées en 1973 ou après.

"Cela bloquerait tous les autres chantiers", a souligné Cyril Chabanier (CFTC). "Il y a beaucoup de sujets sur lesquels la CFDT est prête à s'engager, comme l'accompagnement des bénéficiaires du RSA ou des demandeurs d'emploi longue durée, mais la sérénité ne sera pas de mise si l'automne est perturbé par une mesure brutale", a averti Laurent Berger (CFDT).

Côté patronal, Geoffroy Roux de Bézieux (Medef) a reconnu des "divergences fondamentales" avec les syndicats. Mais si le Medef défend une réforme des retraites, sa priorité cet automne est la réalisation de la réforme de l'assurance chômage. Pour la CPME, François Asselin a estimé que "le pays avait besoin" d'une réforme et qu'il n'y avait "jamais de bon moment".

Avec AFP