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Comment les députés RN tentent de nouer de plus en plus de liens avec les syndicats

Le RN poursuit sa tentative de "dédiabolisation" en se liant de plus en plus avec les syndicats au niveau local.

Les députés du Rassemblement national cherchent de plus en plus à nouer des liens avec les syndicats. Ils sont de plus en plus à multiplier les rencontres. L'un avec les délégués syndicaux d'un supermarché, l'autre qui se réjouit d'échanger avec des profs syndiqués ou encore ce député de Picardie qui raconte avoir été invité à prendre la parole à un congrès départemental du principal syndicat agricole français.

"Tout cela participe à notre stratégie de désenclavement", fanfaronne un proche de Marine Le Pen. "Les vents sont porteurs", se réjouit un autre. D'ailleurs, parmi les nouveaux députés RN, au moins deux sont d'anciens délégués syndicaux. Tous les deux de la CFTC, le syndicat réformiste chrétien.

"Nous n'avons aucune proximité politique avec la CGT"

Pour autant, on ne verra pas de députés RN dans les cortèges ce mardi. D'abord, parce que, pour le coup, la CFTC n'appelle pas à la grève. Et puis surtout, parce que si le RN cherche effectivement à créer des liens avec les syndicats, c'est surtout avec leurs bases, et éventuellement certaines branches, notamment dans la sécurité. Mais pas avec les grandes centrales, comme la CGT. "Nous n'avons aucune proximité politique avec eux", disait encore ce week-end Marine Le Pen.

Et les principaux leaders syndicaux se tiennent, de toute façon, à distance du RN. Par exemple, le cégétiste Philippe Martinez appelle toujours à un cordon sanitaire autour du parti d'extrême droite.

La gauche agacée

Qu'en pense la gauche, historiquement proche des mouvements ouvriers? Et bien c'est un sujet qui agace nos interlocuteurs. Il y a un sondage Harris interactive selon lequel 21% des sympathisants de syndicats ont voté pour Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle de 2022. Sept points de plus qu'en 2017.

"La mobilisation sociale est étrangère au RN", nous indique un insoumis habitué des mobilisations sociales, qui reproche même un discours anti-syndical du RN, et le voit comme le parti du patronat. D'ailleurs, lundi, selon nos confrères du Parisien, plusieurs députés RN ont rencontré une délégation de dirigeants d'entreprises.

Cyprien Pézeril (édité par J.A.)