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Darmanin annonce 3.000 "étrangers délinquants" expulsés en deux ans et s'en prend au maire de Lyon

En visite à Lyon ce samedi, le ministre de l'intérieur a annoncé des renforts de CRS dans la capitale des Gaules, dévoilé les chiffres d'expulsions d'"étrangers délinquants" et s'en est pris au bilan sécuritaire du maire de Lyon.

Gérald Darmanin entre plusieurs feux. En déplacement dans la ville de Lyon ce samedi, une semaine après les incidents dans le quartier de la Guillotière, où trois policiers ont été blessés par une cinquantaine de personnes alors qu'ils interpellaient une personne pour vol, le ministre de l'Intérieur a multiplié les annonces en matière de sécurité et les critiques au maire de Lyon.

Gérald Darmanin a d'abord échangé avec des riverains du quartier de la Guillotière. Il dit avoir rencontré “des habitants et des commerçants à bout avec des difficultés qu’ils connaissent". Il a aussi rencontré les trois policiers agressés dans ce quartier le 20 juillet au soir, alors qu'ils tentaient d'interpeller une personne suspectée de vol, au milieu d'une foule qui les a violemment pris à partie.

"J’ai échangé avec les policiers de la Brigade spécialisée de la Guillotière qui se sont fait violemment agresser. Je leur ai exprimé ma confiance et mon soutien, et leur ai décerné la médaille de la sécurité intérieure", a-t-il tweeté.

Gérald Darmanin n'a toutefois pas été sur place dans le quartier de la Guillotière, où vendredi soir, un policier de la Bac a été percuté et traîné par un homme en scooter refusant d'obtempérer.

"Les absents ont toujours tort"

Lors de sa visite, le ministre a aussi multiplié les critiques sur la politique du maire écologiste de Lyon Grégory Doucet, notamment en matière de sécurité.

"Les absents ont toujours tort. C’est difficile pour les policiers de ne pas être soutenu par le maire. Je pense que le maire a fait une grave erreur, mais il peut me contacter. Je vais revenir à Lyon début septembre et je l’invite à être là", a-t-il déclaré.

Il invite le maire à installer des caméras de vidéos-surveillances "qui permettent la résolution d’enquête et permettent de mieux guider les patrouilles". "Je propose au maire de mettre davantage de caméras et qu'on puisse avoir la main sur ces vidéos-protections".

Doucet et Darmanin par tweets et médias interposés

Grégory Doucet, qui s'est déplacé à la Guillotière vendredi, a fait savoir qu'il n'assisterait pas au déplacement ministériel: "ce n'est pas de ministre dont nous avons besoin mais de plus d'effectif", a-t-il twitté vendredi en demandant 300 policiers nationaux nets en plus.

Gérald Darmanin, qui propose de rencontrer le maire en septembre, a martelé qu'il "y a eu plus de 100 policiers" supplémentaires à Lyon "depuis qu'(il est) ministre", une "nouvelle CRS à demeure" ainsi que "200 policiers de la PAF" (police aux frontières) qui arriveront en janvier 2023.

Réagissant dans un tweet à ces "nouvelles promesses", Grégory Doucet a souligné qu'il était "impératif que, cette fois, ses engagements (du ministre) soient suivi d'effet, notamment sur les effectifs".

3.000 "étrangers délinquants" expulsés en deux ans

Autre annonce du ministre de l'Intérieur, quelque 3.000 "étrangers délinquants" ont été expulsés en deux ans du territoire national, a-t-il déclaré lors de sa visite dans la capitale des Gaules pour inaugurer un centre de rétention administrative (CRA) ouvert depuis janvier.

"À la demande du Président de la République, depuis deux ans, on a expulsé 3.000 étrangers délinquants", a-t-il dit lors d'un point de presse à la préfecture du Rhône, sans préciser les nationalités ni les faits reprochés.

"C'est une augmentation sans précédent (...) et on doit continuer à le faire", a ajouté le locataire de la place Beauvau, qui a annoncé l'ouverture d'un second centre pour début 2023, ce qui portera le nombre de places disponibles dans l'agglomération à 280.

Le ministre a également évoqué son souhait de procéder à la rentrée à des "changements législatifs" à propos des procédures d'expulsion. "À partir de janvier, quand un policier va interpeller un étranger en situation irrégulière, il pourra le mettre au CRA pendant trois mois pour trouver le moyen de l'expulser dans son pays", a-t-il indiqué.

MM avec AFP