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Dissolution de l'Assemblée nationale: "C’est du bluff", estime Jérôme Lavrilleux

Le président de la République serait-il tenté par une dissolution de l'Assemblée nationale? Un "protocole de dissolution ", avec "rétroplanning détaillé " serait prêt, d'après le JDD. L'ancien député, Jérôme Lavrilleux, a estimé dans Estelle Midi, ce lundi, que c'était "du bluff".

La menace de la dissolution de l'Assemblée nationale est-elle un coup de bluff? Nul ne le sait, mais tout serait prêt, notamment un "protocole de dissolution ", avec "rétroplanning détaillé " au sein de Renaissance, a dévoilé le JDD, dimanche.

Le président de la République serait-il donc prêt à tenter le pari de nouvelles élections législatives? En tout cas, "ça serait un risque énorme", estime Périco Légasse, chroniqueur d'Estelle midi, ce lundi sur RMC et RMC Story.

S'il prend cette décision, de nouvelles élections législatives doivent se tenir entre 20 et 40 jours après l’annonce.

"C'est un message avec de gros sabots"

Impossible d'après Jérôme Lavrilleux, ancien député: cette menace c'est tout simplement "du bluff intégral".

"Déjà quand tu fais annoncer par ton ministre des Finances que le 'quoi qu’il en coûte' est terminé, ça n’est pas pour amorcer des élections législatives dans les 20 à 40 jours qui viennent", affirme-t-il.

D'après lui, "c'est un message avec de gros sabots qui est envoyé à la majorité relative mais surtout aux Républicains".

Un sentiment partagé par Robert Sebbag, infectiologue à la Pitié-Salpêtrière. "Je crois que c’est une épée de Damoclès pour Horizons et le MoDem. Il leur dit 'vous avez intérêt à voter avec moi' pour éviter cette dissolution", souligne-t-il. Pour lui, le seul gagnant serait le Rassemblement national.

Du mépris pour les députés?

Selon Périco Légasse, cette dissolution serait du "mépris pour les députés sortants" et le message serait clair: "Cette dissolution, ça veut dire 'vous avez mal voté au mois de juin, la majorité n’est pas stable, ça ne me convient pas parce que je ne peux pas faire ce que je veux'. Ça veut dire quoi? Ils sont la représentation nationale", s'agace-t-il.

Pour autant, certains se demandent comment l'Assemblée nationale peut continuer ainsi. "Il y a un gros coup de pression exercé à la fois sur sa majorité relative et sur Les Républicains, mais il y a aussi une réalité politique. Moi je ne vois pas trop comment cette législature avec une aussi faible majorité relative peut durer cinq ans. Ça sera extrêmement difficile", explique Arnaud Benedetti, rédacteur en chef de la revue politique et parlementaire.

Cinq dissolutions sous la Vème République

Dissolution ou pas, "il faut utiliser tous les outils de la Ve République, pour moi, c'est une des meilleures constitutions qui existent dans le monde", note Kader, cadre en Meurthe-et-Moselle.

"On a oublié qu’une Assemblée nationale ça n’est pas une grande machine à voter, il y a des oppositions, il y a des gens qui ne sont pas d’accord. Il y a une contradiction et il y a des alliances", dit-il.

Au total, il y a eu cinq dissolutions sous la Vème République: 1962, 1968, 1981, 1988 et 1997.

AB