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Droits de succession: l'amendement qui divise les macronistes

Avec la rentrée parlementaire ce lundi, les députés reprennent leurs activités, avec notamment les 1.443 amendements qui ont été déposés pour le projet de loi de finances. Et l'un d'eux divise déjà la majorité. Il prévoit d'alléger les droits de succession à horizon 2024. Une mesure qui ne plaît pas du tout à l'aile gauche des macronistes.

Les députés font leur rentrée ce lundi. Et la bataille du budget commence déjà. Tout le monde a les yeux tournés vers Les Républicains. Le groupe a bien fait savoir qu’il ne voterait pas le budget, mais le gouvernement espère réussir à convaincre les députés de la droite de voter certaines parties du texte. Les Républicains, eux, posent leurs conditions, et sont déjà dans les starting-blocks.

Au menu, des revendications assez classiques à droite: réduction du nombre de fonctionnaires, chasse à l’empilement des réglementations… L’objectif, c’est de faire 20 milliards d’euros d’économies en trois ans, rien que ça. Et il y a aussi une demande de longue date des Républicains: l’allègement des droits de succession.

Ça n’a pas échappé à la majorité. Aurore Bergé, la patronne des députés Renaissance, lance la perche, avec un amendement justement sur l’allègement des droits de succession, selon une information du Figaro.

"Un appel du pied à la droite"

Déjà, il y a deux semaines, le gouvernement avait ouvert la porte à une modification des impôts de succession. Mais la proposition est loin de faire consensus dans la majorité. Et cela s’ajoute aux débats en interne sur le maintien ou non de certaines aides et de certaines niches fiscales. “On est un groupe vivant, il y a des débats”, tente de minimiser un député Renaissance, qui reconnaît tout de même que les prochaines semaines s’annoncent compliquées pour la majorité relative. "Ça va tanguer, forcément”, confie-t-il.

Dans l’opposition, on ne se fait pas d’illusions. “Ce genre d’amendement, c’est clairement un appel du pied à la droite”, râle une députée de gauche.

La Nupes, elle, revient à la charge avec la taxe sur les superprofits. Les socialistes sont en première ligne, avec trois amendements sur le sujet. “Ce sera un débat viril”, anticipe une socialiste.

La taxe sur les superprofits aura aussi une bonne place dans le contre-budget de la Nupes présenté la semaine prochaine. Ce sera l’une des dix propositions communes du bloc de gauche. Les autres mesures seront décidées ce mardi, lors de la réunion inter-groupes.

Romain Cluzel