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"Elle n'arrive pas à passer le périph'": le difficile début de campagne d'Anne Hidalgo

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Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. Rien ne semble fonctionner pour Anne Hidalgo, c'est le off du jour.

Bloquée à 5% dans les sondages, la maire de Paris n'arrive pas à faire décoller sa campagne. Ses propositions phares ne créent pas l'adhésion. Autre problème pointé du doigt en interne: les maires de grandes villes qui constituent son équipe, ne veulent pas lâcher leur mairie, et ne sont donc pas entièrement dévoués à la campagne.

Un pilier du parti souffle: "Les militants s'inquiètent, ils veulent une candidature à la Royal ou à la DSK. Mais on n'en est pas là."

Chez ses adversaires on est beaucoup plus moqueurs.

"On dirait un gamin qui essaie de monter sur un toboggan mais visiblement ça glisse" raille un cadre de la majorité. "Elle n'arrive pas à passer le périph'" continue ce proche du président. Un proche d'Arnaud Montebourg ironise: "Hidalgo? On ne sait pas ce qu'elle veut faire, et je crois qu'elle non plus".

Autre coup dur pour Anne Hidalgo, les Macronistes de gauche lui envoient une fin de non-recevoir. Dimanche, la candidate socialiste appelait les élus de la majorité issus de la gauche à la rejoindre. "Merci, mais non merci" lui répond l'aile gauche de la Macronie sur Twitter.

"C'est pathétique" grince un ex-socialiste passé chez Macron. "Quand on pousse à ce genre de déclaration, c'est qu'on est au fond du trou" tance ce parlementaire. Un autre, un peu moins sévère: "Je pourrais être sensible. Je reste de gauche. Mais le PS et sa candidate ne sont pas en situation de s'élever" se désespère cet ancien socialiste, décidément pas convaincu.

Dans le sens inverse, les Macronistes tentent de draguer les maires proches d'Hidalgo. 

t notamment les élus de 2 grandes villes : le maire de Montpellier, Michael Delafosse, et Johanna Rolland, la maire de Nantes... accessoirement directrice de la campagne d'Anne Hidalgo. Un proche d'Emmanuel Macron, qui considère Johanna Rolland comme "brillante", a d'ailleurs tenté de la rabattre il y a quelques mois. 

"C'est un peu gros" rit une proche d'Anne Hidalgo. Qui voit tout de même un signe positif: "Ça prouve qu'ils commencent à avoir la trouille, c'est bien".

Chez Territoire de Progrès, le parti de la gauche de la majorité, on admet ne pas y croire non plus. "On est totalement sous dépendance de la pensée macronienne. Je ne vois pas comment ça va attirer des socialistes" estime un membre du parti. On le voit, chacun essaie d'attirer l'autre, sans succès pour l'instant.

La mauvaise surprise pour le Rassemblement National dans la recherche des parrainages.

Le Rassemblement national cherche ses 500 signatures pour la candidature de Marine Le Pen. Mais dans certaines communes, le RN s'est fait couper l'herbe sous le pied... par les équipes d’Eric Zemmour! "On a eu le cas de figure dans le Nord, dans le Centre, en Normandie" s'agace un élu RN.

Certains de ces maires parrainaient pourtant le RN depuis… 2007, époque Jean-Marie Le Pen. "Le problème, c’est que pour eux, Zemmour, c’est la famille"... se désespère cet élu RN. Les proches du polémiste confirment avoir démarché des maires "lassés" selon eux de Marine Le Pen ou Nicolas Dupont-Aignan. "Certains élus ont envie de faire partie de la dynamique” estime un soutien de Zemmour, qui en est persuadé : "l'idée est en train de germer qu’il peut gagner".

Les débats... font débat chez Les Républicains.

Verra-t-on les candidats de la droite s'affronter? Les cadres du parti ne veulent surtout pas d'un débat. "L'hypothèse a été évoquée mais écartée. C'est un exercice artificiel et surtout périlleux" s'alarme un pilier des Républicains, qui se rappelle encore des souvenirs "horribles" lors des débats de 2016.

Sauf que parmi les candidats, la porte semble plus ouverte. Michel Barnier a déjà lancé un appel au débat. Chez Pécresse, on dit être "très disposé à en faire", et son équipe affirme avoir déjà donné son accord pour un débat sur LCI.

Plus étonnant, même Xavier Bertrand n'exclut plus de participer à une confrontation. "Il n'y est pas opposé" affirme un membre de son équipe, qui précise : "Il dit je participe à la compétition, donc ok pour débattre et se plier aux décisions de l'organisation".

Le service politique de RMC