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Emmanuel Macron a-t-il eu raison de recadrer un adolescent irrespectueux?

La scène a très vite fait le tour des réseaux sociaux: le président de la République a sèchemment recadré lundi un jeune homme qui l'avait interpellé en l'appelant "Manu" en marge des commémorations du 18 juin.

"Tu m'appelles Monsieur le président, ou monsieur", a répondu Emmanuel Macron à un jeune qui l'apostrophait en lui demandant "ça va Manu?" à l'issue des commémorations de l'Appel du 18 juin au Mont-Valérien.

La scène rappelle la baffe donnée par François Bayrou en 2002. Au moment de saluer quelques jeunes adolescents amassés derrière les barrières, Emmanuel Macron arrive devant un collégien qui lui chante l'Internationale. Quand vient cette phrase, captée par les caméras.

"-Ca va Manu ?
-Non, ça tu ne peux pas. Tu es là, tu es dans une cérémonie officielle, tu te comportes comme il faut. Donc tu peux faire l'imbécile, mais aujourd'hui c'est la Marseillaise, le chant des partisans. Donc tu m'appelles "président de la République", ou "monsieur". D'accord ? Voilà."

"La volonté c'était de l'humilier devant les caméras pour réaffirmer son autorité"

En tout l'échange dure un peu plus d'une minute. Le collégien reconnaît sa faute, se fait toiser par ses camarades, il s'excuse, puis discute "brevet" avec le chef de l'Etat. Une scène postée un peu plus tard, sur le compte Twitter d'Emmanuel Macron, en intégralité, avec ce texte : "Le respect c'est le minimum dans la république". 

Une mise en scène grossière pour Louis Boyard, lycéen et président de l'Union Nationale Lycéenne

"La volonté c'était de l'humilier devant les caméras pour qu'il puisse réaffirmer son autorité. Mais faire cela pour essayer de gratter 0,2 points dans les sondages en disant: 'C'est moi le plus grand et le plus charismatique', je trouve ça inquiétant. il n'avait pas à réagir comme ça."

"La fonction présidentielle ne peut souffrir d'une telle insolence"

Côté politique, la droite salue la démonstration d'autorité du président de la République. C'était une commémoration, le président de la République n'est pas n'importe qui, et il ne fallait pas laisser passer. 

Arguments repris ce matin par la députée de la majorité Lauriane Rossi.

"C'était un moment grave, de recueillement, en présence d'anciens combattants. Il n'est pas envisageable d'interpeller un président de la République en l'appelant "Manu". Je crois qu'il a tenu à défendre sa fonction qui ne peut souffrir d'une telle insolence."

Le jeune homme, un collégien, de 3e, a réussi à faire parler de lui. Tout comme Emmanuel Macron.

Pierre Rigo (avec J.A.)